Paix et pardon à Mossoul

 

 

C’était à Mossoul, la ville d’Irak où je suis né.
« Convertissez-vous, on vous laissera libres et vous serez des nôtres. Si vous refusez, vous devrez payer la rançon ou bien nous allons vous tuer. » Voilà ce que les islamistes de Daech nous ont dit. Mais restait une dernière possibilité : la fuite.
C’était il y a déjà un an et demi. Depuis, beaucoup sont réfugiés et dispersés aux quatre coins du monde. Mais la plupart vivent encore aujourd’hui comme réfugiés au nord du pays. Ils sont privés de tout. Presque tous souhaitent partir, pour assurer leur avenir.
Notre peuple, au désert, fait face aux tentations. Le diable nous pousse à demander à Dieu de changer la pierre en pain, de nous donner le pouvoir d’écraser l’ennemi, de faire des miracles pour assurer la victoire. Certains, tentés par la violence, se dressent contre la communauté et les hommes d’Église. D’autres se révoltent contre Dieu ou même commencent à ne plus croire en lui. Heureusement, la grâce du Seigneur est là. Dans ce désert, la fidélité à l’Évangile est notre boussole. Nous prions. Nous célébrons l’eucharistie. Nous fêtons Noël et Pâques.
Mais Jésus nous demande encore plus. À nous, persécutés, dépossédés de tous nos biens, en exil, il nous pose la question du pardon : sera-t-il possible, un jour, de parvenir à une véritable réconciliation avec nos persécuteurs ? Moi, je crois que c’est possible. Tous, nous sommes les fils de Dieu, appelés à faire la paix et à résister aux tentations du diable. Comme lui, Jésus, au désert.
Et nous, chrétiens d’Irak, serions-nous les seuls à être confrontés à la tentation et à la question du pardon ? Non ! Vous, toi, et moi, nous sommes tous concernés. Que le Seigneur ouvre devant nous le chemin de la paix et du pardon.

Frère Sarmad Naajeb, dominicain de Mossoul

Face à la tentation

«  Jésus rempli de Saint-Esprit fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours.  » (Luc 4, 1-2)

De l’espérance au salon de l’agriculture …

Avec les évêques de France qui iront au salon de l’agriculture lundi 29 février 2016

Avec les chrétiens dans le monde rural  qui proposent de bâtir ensemble une éthique pour une culture agricole et rurale soucieuse de la gestion du milieu vivant pour le bien de l’humanité, dans le respect du bien commun, de sa richesse et sa diversité.

Pendant le salon de l’agriculture , dans le dossier de presse des évêques de France, ils écrivent ainsi : 

Nous partageons les orientations de l’encyclique « Laudato Si » en vue d’une société socialement équitable, attentive à la dignité de tous et respectueuse de la terre, «notre maison commune». Répondre à son appel implique un changement de cap, dans lequel l’agriculture et le monde rural ont un rôle fondamental à jouer.

Pour cela, les chrétiens dans le monde rural  en appellent à la responsabilité :

Des consommatrices et consommateurs que nous sommes tous, pour nous interroger sur les conséquences de nos façons de consommer sur les producteurs d’ici, d’ailleurs, et sur la nature.

Des agricultrices et agriculteurs pour s’interroger sur les conséquences de leurs façons de produire, de valoriser et de vendre, sur les autres et sur la nature. Des organisations agricoles et para-agricoles pour mettre en place des moyens humains pour accompagner les agriculteurs dans le changement de leurs pratiques culturales.

Des organisations coopératives en particulier, pour retrouver le sens de la solidarité qui les a fait naître, redonner une vraie place aux producteurs, et les soutenir dans le développement de nouvelles formes de coopération leur permettant de se réapproprier leur outil de travail et de retrouver de l’autonomie dans leurs choix.

Des transformateurs et distributeurs pour rendre à leurs fournisseurs la part de la valeur ajoutée qui leur revient (prix juste). Des pouvoirs publics pour assumer le rôle de régulateur garant du bien commun qui leur incombe, notamment par la mise en place d’outils d’ajustement de la production permettant une juste rémunération des producteurs, une politique foncière basée sur le reconnaissance du sol comme bien commun, un soutien à l’installation des jeunes et une fiscalité favorisant l’emploi plutôt que la capitalisation des biens, un soutien à une commercialisation en circuits courts favorable à la viabilité du territoire.

De la société civile qui a un rôle à jouer pour inciter et soutenir les pouvoirs publics à agir en ce sens et expérimenter de nouveaux systèmes de production, de transformation et de commercialisation à taille humaine, soucieux d’offrir des conditions de travail dignes et épanouissantes à ceux qui en vivent, de faire alliance avec la nature plutôt que de l’exploiter, de contribuer au vivre-ensemble de chacun-e sur le territoire.

« Qui entendra nos cris ? » par Mgr Aupetit

Réflexion de Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre et accompagnateur de la Pastorale de la santé, pour le Dimanche de la Santé (14 février 2016) sur le thème : « Qui entendra nos cris ? ».

Nous avons tendance à croire que la prière est un jus pieux, gentil et sans beaucoup de caractère. Ce jugement ne correspond pas à ce que nous apprend la Bible. Dans le vocabulaire qui exprime la parole des orants, le mot « prier » est très souvent remplacé par le mot « crier ».

La prière qui s’élève vers Dieu de la part des prophètes ou bien dans les psaumes, n’est qu’un long cri permanent qui monte vers l’Éternel. Et cela commence très tôt avec Moïse. À plusieurs reprises, Moïse crie vers le Seigneur (Exode 15, 25 ; 17, 4). Il en est de même pour Isaïe, sans parler de Jérémie dont la plainte continue lui a valu d’en faire un substantif et à qui Dieu demande à de nombreuses reprises de crier vers un peuple devenu sourd à la parole divine. Qui sont donc ces gens qui crient vers Dieu ? Ce sont des pauvres du Seigneur, les anawim. Ceci correspond à ceux qui sont humiliés en même temps qu’à ceux qui se font humbles en face de Dieu : « Au temps de leur oppression, ils criaient vers toi » (Néhémie 9,4) ; « un pauvre crie, le Seigneur entend » (psaume 34, 7), etc.

Qui entend le cri des pauvres ? Qui se laisse déranger par eux ? Le Seigneur, le Dieu d’Israël ! C’est le grand leitmotiv de tout le Livre Saint. Alors que les oppresseurs sont toujours indifférents aux plaintes de ceux qui souffrent, comme le pharaon d’Égypte, le Seigneur affirme : « J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs. » (Exode 3,7). Ceci se retrouve également dans l’Évangile. Quand Jésus arrive à Jéricho, l’aveugle Bartimée se met à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! ». Alors que tous, y compris les disciples veulent le faire taire, Jésus l’entend et l’appelle. Paradoxalement, le peuple élu attend un messie qui restera silencieux : « il ne crie pas, il n’élève pas le ton » (Isaïe 42, 2). Celui-là, qui est la Parole de Dieu incarnée, est la véritable réponse au cri des Hommes. Ce n’est qu’au moment de sa mort que Jésus lancera un grand cri. « Eloï, Eloï, lema sabactani » (Marc 15, 33), exprimant ainsi en lui toute la prière de l’humanité qui crie vers le Père. Le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, unique Grand Prêtre selon l’épître aux Hébreux, réalise en sa personne l’alliance entre le cri des pauvres et la réponse du Père, entre la mort qui appartient à l’humanité et la résurrection qui appartient à Dieu. C’est pourquoi les chrétiens, ses disciples, doivent toujours être à l’écoute du cri des malheureux, car ils savent que c’est le cri même de leur Seigneur : « ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25,40) et imiter Jésus qui nous a demandé d’aimer comme il nous a aimés, afin que l’Amour infini, qui est la réponse ultime de Dieu au cri des hommes, se répande sur toute la terre.

Mgr Michel Aupetit,
Évêque de Nanterre et accompagnateur de la Pastorale de la santé

Vivre le carême avec les filles de Cyr-Igaël

Le Seigneur nous a conseillé hier de :

Jeûner en nous nourrissant de ses paroles d’amour (et jeûner pour laisser de la place pour les accueillir)

Prier : chercher au fond de notre coeur nos prières ignorées.

Faire l’aumône, c’est à dire dans la tradition juive : partager, donner et recevoir.

Tout ça dans le secret ..

Pour autant, aidons-nous les uns les autres en allant sur le site de la paroisse

et pour commencer .. commençons avec Cyr-Igaël qui écrit à ses filles :

Filles & amis(es),

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. » Lc9,22-25

Mais quelle croix ?

La pire, la croix moi.

Tu ne l’a connais pas ?

Si l’ego croix, indifférente & tjs orientée droit sur soi.

Celle qui te cache la vue sur l’Autre.

Croyez-moi, larguez la croix moi les filles.

Bises & UdP 

Papa/Cyr-Igaël