Pardon et Réconciliation 6 : Comment cela nous est-il possible ?

Mais comment cela nous est-il possible ?

Prions la prière du Notre Père (Matthieu 6,12) :

«…Pardonne-nous nos offenses

comme nous pardonnons

à ceux qui nous ont offensé.»

Une phrase que l’on pourrait aussi traduire par

«…Pardonne-nous nos torts envers toi,

comme nous-mêmes nous avons pardonné

à ceux qui avaient des torts envers nous.» TOB

Ou

«…Remets-nous nos dettes,

comme nous aussi nous l’avons fait

pour nos débiteurs.» NBS

Voilà le pardon : il n’y a plus rien à payer,

tu peux vivre libre de la dette, de la culpabilité.

Pour pardonner, il faut se savoir pardonné.

Pour pardonner, il faut donc être deux …

et même peut-être trois !

La source de ce pardon que nous pouvons accorder à l’autre n’est pas en nous-même, mais dans le pardon que nous aurons préalablement reçu. Le pardon reçu comme autorisation de vivre sans avoir à s’en justifier (c’est le sens du rachat dans l’Ancien Testament).

C’est le pardon reçu comme libération du passé pour s’ouvrir à l’avenir.

Voilà la source du pardon sans limite qui libère tout autant celui qui est pardonné que celui qui pardonne.

L’enjeu du pardon, vous l’avez compris, est énorme :

Il s’agit ni plus ni moins que d’être libéré à la fois de la rancœur et de la culpabilité.

Car la culpabilité, à distinguer du sens de la faute et de la responsabilité, la culpabilité donc, comme la rancœur, est bien quelque chose qui ne vous lâche pas facilement, quelque chose qui empêche d’aller de l’avant.

Par leurs images, les mots de la Bible disent à leur façon que recevoir le pardon, c’est être rendu capable de pardonner, c’est libérer l’avenir, pour l’autre et pour soi.

Pardon et Réconciliation 5 : “tout donner”

Matthieu 18,21-22 :

« …Alors Pierre vint demander à Jésus :

«Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère,

lorsqu’il péchera contre moi ? Irais-je jusqu’à sept fois ?»

Jésus lui répondit dit :

«Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,

mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. …»

Pauvre Pierre qui semble déjà faire un effort surhumain en envisageant 7 offenses successivement pardonnées !

Et voilà que Jésus lui prescrit de pardonner 539 fois son frère qui l’offensera ! La réponse de Jésus va encore plus loin puisqu’à l’évidence ce chiffre, ou plutôt cette multiplication signifie ‘indéfiniment’. Le pardon n’est pas affaire de calcul, il est total ou il n’est pas. C’est bien ce que nous pressentions pour commencer (comme Pierre) dans cette étymologie du mot français ‘pardon’, qui signifie littéralement “tout donner”.

Pardon et Réconciliation 4 : Guérir de le culpabilité

Marc 2,1-12

Un paralysé est amené devant Jésus.

Au lieu de le guérir, Jésus lui déclare :

«Mon fils, tes péchés sont pardonnés».

Aussitôt les spécialistes de la Loi divine s’insurgent :

«Pourquoi parle-t-il ainsi ?

Il blasphème !

Qui peut pardonner les péchés, sinon un seul, Dieu ?».

Alors, pour montrer qu’il a le pouvoir de pardonner,

Jésus guérit le paralytique.

Et l’ex-paralysé, maintenant guérit et pardonné rentre chez lui marchant debout avec sa natte sous le bras !

Je voudrais retenir de cette riche histoire une seule chose :

Pardon et libération sont ici intimement liés.

L’un manifeste l’autre et réciproquement.

Qu’est-ce qui paralysait le paralytique,

si ce n’est sa culpabilité ?

Avec Sa Béatitude Mar Bechara Boutros Cardinal EL RAÏ à Lisieux

Bonjour,

ci dessous un message de la paroisse de St Charbel à Suresnes :

Chers paroissiennes et paroissiens,

Le dimanche 8 mai 2016, Sa Béatitude Mar Bechara Boutros Cardinal EL RAÏ inaugurera une chapelle dédiée à tous les saints maronites en la Basilique de Lisieux.

À cette occasion, l’équipe pèlerinage diocésain organise un pèlerinage.

Afin de tous nous mobiliser avec les moyens adéquats et à quelques jours de cet heureux évènement, pourriez-vous nous confirmer le nombre de participants de chacune de vos paroisses,

· soit par retour d’e-mail, à l‘adresse suivante : pelerinage@maronites.fr

· soit à l’accueil du foyer Franco- libanais auprès de Mme Claude HOMSY : Tél : +33 6 31 30 77 86 email : homsyck@yahoo.fr

· soit auprès de M. Ziad EL HAJJ Tél : +33 6 13 14 46 44 email : ziadhge@gmail.com

Pour le départ à partir de Paris, des bus ont été réservés. Pour ceux qui ne l’ont pas déjà fait et qui souhaitent réserver leur place en bus, merci de revenir vers nous très rapidement.

Le programme de la journée est le suivant :

· 06h45 : Départ du foyer – 15 rue d’Ulm 75005 Paris.

· 10h30 : Messe Maronite présidée par S.B. et inauguration de l’Autel Saint Charbel.

· 13h00 : Déjeuner libre dans la salle l’abri du pèlerin. (Merci d’apporter votre pique-nique)

· 14h30 : Visite du Carmel où se trouve la Chasse de Ste Thérèse.

· 15h30 : Visite des Buissonnets, maison natale de Ste Thérèse.

· 16h30 : Retour dans le car vers Paris.

· 20h00 : Arrivée au foyer rue d’Ulm.

Prix: 20€ / personne de tout âge.

Merci de bien diffuser cette information et la partager.
En union de prière.

Marielle Tannous

équipe communication

Eparchie Maronite

Pardon et réconciliation 3 : Dans le Nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament,

En grec

aphièmi désigne le plus souvent l’action de pardonner ; littéralement ‘enlever’, ‘écarter’, retirer comme avec l’hébreu NaS’a’.

aphaireô : ‘enlever’, ‘ôter’.

Il s’agit bien de faire place nette, de se débarrasser de quelque chose qui encombre, quelque chose qui empêche de vivre, de vivre libre.

aniémi : ‘laisser aller’, ‘lâcher’, …

3 d’entre eux disent quelque chose d’essentiel sur le pardon.

aphièmi qui est employé.

Pardon et Réconciliation 2 : 3 verbes pour dire le mot pardon

Dans la Bible hébraïque, l’Ancien Testament des chrétiens :

3 verbes pour dire le mot pardon :

majoritairement le verbe SaLeHa traduit par ‘pardonner’ dans nos Bibles françaises. Une racines Ugaritique ‘pardonner’, et une racine Akkadienne ‘asperger’. Cette idée d’aspersion se trouve dans les rites sacrificielles prescrits dans les livres de l’Exode et du Lévitique.

NaS’a’  : ‘lever’ ou ‘enlever’ c’est-à-dire “lever la condamnation » ou “ne plus tenir compte de la faute”, “faire comme si elle n’avait pas eu lieu”.

KaPaR : ‘couvrir’, recouvrir, cacher la faute. Il ne s’agit pas de “couvrir un acte délictueux” en le dissimulant mais d’autant qu’il est nécessaire que cette faute soit explicitement reconnue et formulée, elle est alors ‘recouverte’ par Dieu dans sa miséricorde. C’est ce verbe KaPaR qui a donné le mot KiPPouR .

Ce mot hébreu «Kippour» est malheureusement souvent traduit par ‘expiation’ dans nos Bibles. Or, dans le langage français courant ‘expier’ signifie “souffrir pour racheter sa faute”

Le Kippour est un don de Dieu qui en couvrant la faute permet de reconstruire la relation, c’est le sacrifice qui permet à la vie de l’individu et de la communauté de continuer en retrouvant son harmonie. Ainsi, les termes français ‘absolution’ ou ‘pardon’ sont de meilleures traductions, car plus positives de cette notion de Kippour qui est tournée vers la vie. C’est ainsi qu’il est déclaré dans le livre du Lévitique (17,11) :

“Moi (il s’agit de Dieu),

Moi, je vous ai donné le sang sur l’autel,

pour l’absolution de votre vie.

En effet, le sang procure l’absolution

parce qu’il est la vie.”

L’utilisation du sang de victimes sacrificielles en vue de l’absolution, du pardon, nous effraie à juste titre, mais il s’inscrit dans une perspective de vie restaurée.

Libération, rachat, purification, nettoyage, guérison, etc … sont autant de métaphores qui disent à quel point le pardon est un besoin vital des humains que nous sommes.

Pardon et Espérance 1: don et donner

Pardon : ‘don’, ‘donner’.

un don total, entier, avec le préfixe par (du latin per). “Par–donner”, c’est donner complètement, c’est “tout donner”, avec l’idée de “faire grâce”, “laisser la vie sauve”, d’où “remettre à quelqu’un la punition de sa faute”.

Le pardon nous faisant sortir de la condamnation, de la vengeance ou de la rancoeur. Seule une personne peut pardonner, seule une personne peut inverser le cours naturel, logique ou juridique des choses.

Aujourd’hui, nous inventons dans nos paroisses des journées du pardon qui peuvent rappeler les pardons Bretons rappelant eux même la grande fête juive du Yom Kippour (signifiant littéralement “jour de l’expiation”. Fête majeure du calendrier liturgique juif célébrée, le dixième jour de l’année pour commencer l’année nouvelle en étant déchargé du poids des fautes commises l’année précédente, il s’agit d’être libéré de l’enferment dans une culpabilité mortifère pour s’ouvrir à l’avenir.