Pardon et réconciliation 26 : 14 idées pratiques plus 1

Idées pratiques

Je choisis de corriger le regard dont je revêts telle ou telle personnalité médiatique, ou parmi mon entourage, pour lui reconnaître sa véritable valeur.

Je décide de ne plus juger les autres sur leur apparence : la marque des vêtements, la forme de la coiffure, la couleur de peau….

Je me rends disponible pour visiter une personne âgée ou malade de mon entourage ou plus loin …

Je décide de rendre service à quelqu’un que je ne connais pas dans mon quartier.

 Je décide d’aller rendre visite à une personne malade que je connais, ou de me proposer pour participer à des temps de prière ou de jeux dans les maisons de retraite proche de chez moi. 

Je suis attentif à montrer de la sollicitude pour une personne en deuil de mon entourage, et j’ose témoigner de l’Espérance que me donne ma foi face à la mort .

Je décide de faire attention à ne pas considérer la mort comme un amusement : ni dans les jeux, ni dans les films, ni dans l’actualité.

Je choisis un geste concret de partage, en faveur de mes frères plus démunis.

Je décide d’être plus juste en consommant moins et de moins «dévorer».

Je choisis dans mes loisirs ou mes modes de consommation de faire un effort concret de sobriété.

Je décide de faire la chasse au gaspi : gaspi de l’eau au robinet, mais aussi de la nourriture en ne prenant que ce que je peux vraiment manger.

Je m’informe sur les organismes qui aujourd’hui œuvrent auprès des migrants, et je choisis un moyen concret de les soutenir.

Je décide de tendre la main à ce garçon ou cette fille de ma classe qui ne fait pas partie de mon groupe de copains et copines, et que peut-être même nous rejetons d’habitude.

Tabac, alcool, drogue, pornographie, violence…. Je fais le point de mes enfermements, et je prends la décision de rompre ces chaines en osant en parler pour me faire aider.

Je décide d’un effort pour me libérer de ce qui m’enferme : les jeux vidéo, les réseaux sociaux, la gourmandise, etc….

interview du pape François

Extraits de l’interview du pape François dans « La Croix » du 17 mai 2016 :

La Croix : Dans vos discours sur l’Europe, vous évoquez les ‘racines’ du continent, sans jamais pour autant les qualifier de chrétiennes. Vous définissez plutôt ‘l’identité européenne’ comme ‘dynamique et multiculturelle’. Selon vous, l’expression de ‘racines chrétiennes’ est inappropriée ?

   Pape François : Il faut parler de racines au pluriel car il y en a tant. En ce sens, quand j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, j’en redoute parfois la tonalité, qui peut être triomphaliste ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme. Jean-Paul II en parlait avec une ton, Jean-Paul II en parlait avec une tonalité tranquille. L’Europe, oui, a des racines chrétiennes. Le christianisme a pour devoir de les arroser, mais dans un esprit de service comme pour le lavement des pieds. Le devoir du christianisme pour l’Europe, c’est le service. Erich Przywara, grand maître de Romano Guardini et de Hans Urs von Balthasar, nous l’enseigne : l’apport du christianisme à une culture est celui du Christ avec le lavement des pieds, c’est-à-dire le service et le don de la vie. Ce ne doit pas être un apport colonialiste.

La Croix : Vous avez posé un geste fort en ramenant des réfugiés de Lesbos à Rome le 16 avril dernier. Mais l’Europe peut-elle accueillir tant de migrants?

   Pape François: C’est une question juste et responsable parce qu’on ne peut pas ouvrir grand les portes de façon irrationnelle. Mais la question de fond à se poser est pourquoi il y a tant de migrants aujourd’hui (…) Le problème initial, ce sont les guerres au Moyen-Orient et en Afrique et le sous-développement du continent africain, qui provoque la faim. S’il y a des guerres, c’est parce qu’il y a des fabricants d’armes – ce qui peut se justifier pour la défense – et surtout des trafiquants d’armes. S’il y a autant de chômage, c’est à cause du manque d’investissements pouvant procurer du travail, comme l’Afrique en a tant besoin. Cela soulève plus largement la question d’un système économique mondial tombé dans l’idolâtrie de l’argent. Plus de 80 % des richesses de l’humanité sont aux mains d’environ 16 % de la population. Un marché complètement libre ne fonctionne pas. Le marché en soi est une bonne chose mais il lui faut, en point d’appui, un tiers, l’État, pour le contrôler et l’équilibrer. Ce qu’on appelle l’économie sociale de marché.

Revenons aux migrants. Le pire accueil est de les ghettoïser alors qu’il faut au contraire les intégrer. À Bruxelles, les terroristes étaient des Belges, enfants de migrants, mais ils venaient d’un ghetto. À Londres, le nouveau maire a prêté serment dans une cathédrale et sera sans doute reçu par la reine. Cela montre pour l’Europe l’importance de retrouver sa capacité d’intégrer. Je pense à Grégoire le Grand, qui a négocié avec ceux qu’on appelait les barbares, qui se sont ensuite intégrés. Cette intégration est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que l’Europe connaît un grave problème de dénatalité, en raison d’une recherche égoïste de bien-être. Un vide démographique s’installe. En France toutefois, grâce à la politique familiale, cette tendance est atténuée(…)

   La Croix : L’importance de l’islam aujourd’hui en France comme l’ancrage historique chrétien du pays soulèvent des questions récurrentes sur la place des religions dans l’espace public. Quelle est, selon vous, une bonne laïcité?

     Pape François : Un État doit être laïque. Les États confessionnels finissent mal. Cela va contre l’Histoire. Je crois qu’une laïcité accompagnée d’une solide loi garantissant la liberté religieuse offre un cadre pour aller de l’avant. Nous sommes tous égaux, comme fils de Dieu ou avec notre dignité de personne. Mais chacun doit avoir la liberté d’extérioriser sa propre foi. Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire. De même, si un catholique veut porter une croix. On doit pouvoir professer sa foi non pas à côté mais au sein de la culture. La petite critique que j’adresserais à la France à cet égard est d’exagérer la laïcité. Cela provient d’une manière de considérer les religions comme une sous-culture et non comme une culture à part entière. Je crains que cette approche, qui se comprend par l’héritage des Lumières, ne demeure encore. La France devrait faire un pas en avant à ce sujet pour accepter que l’ouverture à la transcendance soit un droit pour tous (…)