A noter dans vos agendas…

  • Le prochain Atelier de la Parole se déroulera demain, samedi 29 Septembre, à 10h à l’église Ste Magdeleine du Plessis : 1h30 pour découvrir, recevoir et proclamer la parole de Dieu.  Atelier ouvert à tous, sans inscription préalable. Venez comme vous êtes !
  • Un forum paroissial et un repas partagé sont organisés ce dimanche 30 septembre à Ste Magdeleine après la messe de 10h30. Si vous le pouvez, merci d’apporter un plat à partager et une boisson pour ce temps convivial et fraternel.

Dans la joie de vous retrouver,

Notre nouvel évêque : extrait 2

Matthieu Rougé, L’Eglise n’a pas dit son dernier mot –

Petit traité d’antidéfaitisme catholique (Paris, Robert Laffont, 2014, 264 p.)

« Tout se passe comme si le débat français sur la laïcité exprimait moins une divergence entre laïques et croyants qu’une dissension entre laïques eux-mêmes. Il y a d’un côté ceux qui ont une perception religieuse de la laïcité, fondamentalement anticatholique, et ceux qui ont une approche laïque de la laïcité, c’est-à-dire qui ‘respecte’, pour citer la Constitution, les expressions religieuses tant qu’elles ne remettent en cause ni l’ordre public ni la neutralité de l’Etat. Dans un essai passionnant par la surabondance des références peu connies qu’il mobilise, Vincent Peillon prêche en faveur d’une authentique ‘théologie républicaine’. Celle-ci ‘se construit toute entière npon à partir de la mort de Dieu, un événement qui aurait eu lieu, mais dans la mort de Dieu,  comme événement qui ne passe pas et qui surtout ne doit pas passer, comme mort continuée, comme deuil sans terme, comme autre régime d’historicité’. Le travers essentiel de lza Révolution française serait de ne pas avoir été assez radicale : ‘La Révolution n’a pas su être une révolution religieuse. Cela veut dire, à la lettre, non seulement que la Révolution n’a pas su déraciner les anciennes croyancesn n’a pas su non plus, malgré des tentatives diverses, forger une nouvelle religion, mais que la Révolution n’a pas su révolutionner la religion alle-même’. On ne sait pas toujours, dans cet opuvrage, si Vincent Peillon parle en son nom propre ou résume l’opinion des auteurs qu’il présente. C’est en tout cas sans guillemets qu’il assène : ‘La religion de la République ne peut être celle de l’Ancien Régime, la religion catholique, parce que celle-ci est une religion de servitude inadaptée à la liberté’. Tous ceux qui ont parcouru saint Paul et sa dexcription de la ‘liberté des enfants de Dieu’ ne pourront qu’ête étonnés de la brutalité de cette caricature.

«  Si l’on érige la laïcité en religion, alors laïcité et religion constituent des instances concurrentes. Mais si l’on distingue les ‘ordres’, pour faire référence à Pascal, l’un de nos plus précieux génies nationaux, chacune peut se situer paisiblement à sa place. ON a parfois l’impression d’assister, dans le contexte excessivement idéologique et passionné de notre cher pays, à un remake de l’affrontement, grandiose il est vrai, entre Elie et les prophètes de Baal. Certains ‘prophètes’ de la laïcité invoquent aujourd’hui encore la République comme une divinité païenne, dont la seule incantation devrait susciter l’événement généraisé de la vertu. On aimerait que le général de Gaulle surgisse d’outre-tombe pour mouer ceux qui ‘sautaient sur leur chaise comme un cabri, en disant : lLa Répiublique ! La République ! La République !…’. Faut-il rappeler d’ailleurs que, dans le premier article de notre Constitution, la République, avec une majuscule certes, est traitée comme un nom commun : ‘La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale’ ? Quoi qu’il en soit de ses revivals périodiques, la conception magique de la laïcité et de la République constitue une contradiction dans les termes dont on peut douter qu’elle ait beaucoup d’avenir ».

« Je ne suis pas catholique à cause des prêtres… »

Je ne suis pas catholique à cause des prêtres, y compris les meilleurs. Et ils sont nombreux.
Je ne suis pas catholique à cause des évêques, y compris tous les pasteurs authentiques, proches et serviteurs de leur communauté.
Je ne suis pas catholique à cause du pape, pas même le plus engagé auprès des déshérités de notre temps.

Je suis catholique à cause de l’amour de Dieu pour les plus vulnérables.
Je suis catholique à cause de Jésus, vrai homme, mortel, comme chacun.
Je suis catholique à cause de Jésus, le Christ, homme totalement vrai, accomplissant ce qu’il dit, donnant toute la vie pour ceux qu’il aime : notre humanité précaire, bouleversée et malmenée par le tragique de la vie. Notre humanité parfois fracassée par des prédateurs, au sein même de la maison qui devrait être la plus sûre : l’Eglise du Christ.
Je suis catholique à cause de l’Eucharistie, où nous devenons le corps que nous recevons. Où nous sommes convoqués à vivre de la vie du Christ, du creux de nos simples existences ordinaires. Sans banderole et sans publicité.

Je suis catholique parce que je crois la parole de Dieu, celle qui me raconte que mon Dieu a pris la décision de faire alliance avec l’humanité, de la sauver de l’esclavage et du désespoir. La Parole de Dieu qui me raconte un Dieu qui décide, gratuitement, par pur amour, de venir s’asseoir à la table de mon existence. De toute existence, pour la partager.

Je suis catholique, et du cœur de l’hiver de l’Église, où nous sommes de par la monstruosité des abus et des crimes et la façon dont ils ont été impunément dérobés à la vue de la justice et de la vérité, je tente décidément de devenir disciple du Christ jour après jour.
Je crois de toute mon âme, de tout mon cœur, de toutes ma volonté et ma pauvre intelligence, que le mal et le mensonge ne l’emporteront pas

Là est mon engagement de tous les jours et mon espérance. Je supplie qu’ils soient toujours plus forts que ma colère, mon accablement et mon immense chagrin. Une colère, un accablement et un chagrin qui sont peu de choses à côté de ceux des victimes.

Soeur Véronique Margron 

 

8ème piste pour lutter contre le cléricalisme

8/ Donner des responsabilités aux laïcs

Dans cette lutte contre le cléricalisme, les laïcs ont une place à prendre : aussi bien symboliquement qu’en accédant à de hautes responsabilités. Mgr Jérôme Beau, évêque nommé de Bourges et président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (Cemoleme), confirme qu’il va falloir rapidement se poser la question de « ce qui constitue la vocation du laïc ».

Au sein même du Vatican, le pape François aimerait voir des laïcs à la tête d’organismes ayant du poids dans les orientations de l’Église. Dans une interview accordée au magazine Intercom, le cardinal Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, explique que le pape lui aurait fait part de « sa lassitude de voir toutes les congrégations prendre le premier rôle pour absolument tout ». Ces congrégations étant toutes dirigées par des prêtres ou des évêques. Et le cardinal Farrell d’ajouter que « les personnes les plus importantes dans l’Église ne sont pas les prêtres, ni les évêques, mais les laïcs ».

Encore faudrait-il que ces vœux se traduisent dans la gouvernance de l’Église. Un laïc, en mission ecclésiale dans le diocèse de Paris depuis plus de huit ans, confie « qu’il n’a pas vu tellement les laïcs prendre des places décisives » dans son diocèse où « les prêtres ne font pas encore défaut ». Selon lui, cela est « en partie dû à la fois à un manque de formation notamment pour les acteurs pastoraux, lacune parfois présupposée par certains prêtres qui pensent que les laïcs n’ont pas les qualifications requises comparées aux leurs ». D’autant qu’un effort manifeste de formation a été mené dans les diocèses français.

Ce travers est logique selon Anne Soupa, présidente de la Conférence catholique des baptisé(e)s francophones (CCBF). « Depuis le XIe siècle, le prêtre assure, de par sa différence de nature, les trois charges de gouvernement, de sanctification et d’enseignement, explique-t-elle. Il faut que cela change. »

Pour cela, la CCBF a écrit une lettre ouverte aux évêques de France, exhortant à la tenue d’assise de la gouvernance de l’Église pour poser la question « d’une co-gouvernance de l’ensemble des baptisés » des institutions ecclésiales.