Mgr Matthieu Rougé … suite

Matthieu Rougé, L’Eglise n’a pas dit son dernier mot –

Petit traité d’antidéfaitisme catholique (Paris, Robert Laffont, 2014, 264 p.)

« En cherchant à persévérer dans la prière, les chrétiens travaillent à leur survie spirituelle personnelle mais rendent aussi, pour toute la société et avec d’autres, un témoignage indispensable en faveur de la conscience et de l’intériorité. On tremble par contraste en lisant certains récits de politiques qui, étourdis, enivrés de voyages, de réunions et de conciliabules, semblent ne donner aucun espace au discernement intime de la conscience. Et que dire de ceux qui en théorisent la marginalité voire l’inexistence ? Lors du premier pèlerinage des élus à Lourdes, Mgr Nicolas Brouwet, devenu depuis l’évêque de cette quasi-capitale spirituelle de notre pays, proposa une conférence très appréciée sur le ‘’discernement éthique du responsable politique’’. Sa première recommandation fut de chercher, face aux décisions difficiles, à creuser pour soi-même et en soi-même un espace de liberté, de restaurer la profondeur intérieure de la conscience.

Le questionnement intime de la conscience fait parfois irruption dans des vies paisiblement exilées dans la superficialité, par l’expérience de la souffrance. ‘’Il faut sans doute [pour rencontrer Dieu] l’expérience du mal, l’expérience jobienne, et cette expérience critique cruciale qu’est la ’’nuit de l’esprit’’ qui délivre de tous les dogmatismes, fait place nette dans l’âme et à un certain moment, la rend capable d’entendre dans tout son relief la Parole de Dieu’’, écrit Philippe Nemo. Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge de la souffrance, au risque d’encourir un procès légitime en dolorisme de mauvais aloi, mais de découvrir au contraire dans la saine rébellion intime contre la souffrance – celle de Job criant vers Dieu (le personnage représenté par Picasso en haut à droite de Guernica, les bras tendus vers le ciel en est pour moi l’illustration) – une porte d’entrée vers l’existence authentique. ‘’L’éthique biblique, souligne Philippe Nemo, apporte une sensibilité inédite à la souffrance humaine, un esprit de rébellion contre l’idée de la normalité du mal.’’ L’assomption chrétienne de la souffrance ne passe pas par la soumission quelconque à quelque ‘’dogmatisme’’ que ce soit – celui des amis de Job, par exemple, dans le livre biblique éponyme – mais par une ‘’netteté’’, une liberté intérieure qui permet d’accueillir la Parole de Dieu pour ce qu’elle est, une source d’espérance inégalable.

La souffrance est une expérience humaine inévitable, fût-ce de manière indirecte, à moins de s’anesthésier le cœur et l’esprit. C’est ce qui se passe précisément dans Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, dont les habitants se bourrent de calmants, les ‘’comprimés de soma’’, pour échapper non seulement à la conscience de leur propre détresse mais aussi à son possible dépassement par la libre ouverture à plus grand que le monde. Avec une préscience surprenante, Huxley avait anticipé la surconsommation contemporaine d’anxiolytiques et d’antidépresseurs. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause les bienfaits d’une psychiatrie médicamenteuse bien tempérée mais d’interroger le syndrome dépressif global qui fragilise notre société. Les anxiolytiques de toutes sortes, à commencer par la surconsommation d’images, d’informations et de bruits, sont une manière d’échapper à la souffrance peut-être mais aussi et surtout d’échapper à soi-même et à la vraie guérison intérieure, à la paix avec soi par la paix avec Dieu. »

Grand débat 11 : Accueil des migrants

Chiffres :

Plusieurs centaines de milliers de personnes étrangères vivent en France en situation irrégulière (entre 200 et 400 000 selon les estimations courantes). Parmi elles, on dénombre un nombre conséquent de familles avec enfants, scolarisés ou nés sur le sol français.

Le nombre d’étrangers en situation irrégulière éloignés chaque année n’a jamais dépassé les 30 000 personnes, et ce, même lors de la période où le Gouvernement fixait des « objectifs chiffrés » (2007 -2012). Ceci s’explique par les freins humains et juridiques liés au renvoi de familles avec enfants, et par les limites financières, logistiques et diplomatiques du dispositif d’éloignement (procédures, places de rétention, coût et limites des éloignements par la contrainte, obtention des laisser-passer consulaires, etc.).

Pacte mondial migrations :

Le pacte mondial migration est un document non contraignant. Ce n’est ni une convention ni un traité et il n’est pas assorti de sanction. Sa mise en œuvre dépend donc de la volonté politique des Etats.

Tout d’abord les États reconnaissent qu’il faut développer des voies légales de migration. Il est vrai que le texte cible principalement les travailleurs migrants, mais il entérine aussi l’idée des visas humanitaires et du regroupement familial.

De même, et c’est tout nouveau, les migrants dits environnementaux – qui fuient leur pays à cause des changements climatiques et risques environnementaux – sont reconnus comme des personnes vulnérables.

Il s’agit de   respecter les droits fondamentaux de toute personne migrante, quel que soit son statut, à chaque étape du parcours migratoire, de protéger les personnes en situation de vulnérabilité, de permettre un accès aux services de base…Il ne s’agit pas d’ouvrir toutes les frontières et de laisser circuler tout le monde. Les Etats gardent le droit d’opérer une distinction entre migrants en situation régulière et migrants en situation irrégulière, y compris pour l’application du pacte mondial migrations.

Grand débat 9 : Inégalités territoriales

Selon les données de l’Insee pour l’année 2012, la pauvreté serait très présente dans les grands pôles urbains : en effet, les revenus sont en moyenne légèrement plus faibles et le taux de pauvreté selon le seuil à 60 % du revenu médian généralement plus élevé dans les pôles urbains (16 %) que dans leurs couronnes périurbaines (10 %). Au sein des aires urbaines, le taux de pauvreté est presque toujours plus élevé dans les villes-centres. Le monde rural, bien qu’en moyenne

moins riche, affiche un taux de pauvreté également plus faible (autour de 12 %), à l’exception des zones les plus reculées où persiste une pauvreté d’agriculteurs âgés.

Grand débat 7 … Précarité énergétique

Il existe actuellement 7,4 millions de « passoires énergétiques » parmi les résidences principales du parc privé français, 5,8 millions de ménages en situation de précarité énergétique. 42 % des Français se sont privés de chauffage au cours de l’hiver 2013-2014 pour éviter des factures trop élevées et 11 millions de Français se sont plaints d’avoir eu froid en 2013

288 000 « rénovations performantes » de logements privés ont lieu chaque année, selon l’Ademe. Parmi elles, 54 000 seulement concernent des passoires énergétiques, soit des logements de classe F ou G dans l’échelle du diagnostic de performance énergétique. La loi de transition énergétique pour la croissance verte (2015) fixait un cap à 500 000 rénovations par an à partir de 2017, dont la moitié pour les ménages modestes.

En 2012, 22,8 %du budget des ménages les plus pauvres est consacré aux dépenses liées au logement. Cette part n’est que de 9,4 % pour les ménages les plus aisés.

Grand débat 6 : Logement

112 000 personnes sont sans-abri en France, 4 millions de personnes sont en situation de mal-logement, et près de 12 millions de personnes fragilisées par la crise du logement sous différentes formes.

1.8 million de personnes en attente d’un logement social en 2017

Les coûts connus pour la société du non accès au logement: 20 000 euros pour une personne sans domicile, 9 000 € en moyenne sur de l’accompagnement en logement social d’une personne sans domicile. (chiffres ANSA)

Les APL contribuent à réduire par trois le taux d’effort consenti pour le loyer.