« Qu’est-ce que l’homme ? »

Éléments d’anthropologie catholique

« Voici l’homme » (Jn 19, 5)

« Qu’est-ce que l’homme ? » (Ps 8, 5) offre à tout catholique et à toute personne désireuse de découvrir l’essentiel des fondements de l’anthropologie catholique un bref recueil sous-tendu par l’émerveillement du psalmiste face à l’action de Dieu et cet appel à consentir à la vie (cf. introduction p. 15). Sans prétendre à l’exhaustivité, ces éléments d’anthropologie catholique se veulent des outils pour prendre de la hauteur au cœur des débats qui peuvent traverser la société française, notamment à la faveur de la révision des lois de bioéthique.

Sans entrer dans des questions qui pourraient porter à polémiques, cet ouvrage n’évite pas les difficultés. Il entre avec réalisme au cœur des questions que porte l’homme et n’occulte pas les délicats équilibres à trouver aujourd’hui pour que l’homme tienne toute sa place dans notre temps. C’est donc une invitation à la réflexion et à la responsabilité que les évêques suscitent à travers ces lignes.

Cette page veut offrir la possibilité de prolonger la réflexion et approfondir les thématiques sous-jacentes à l’ouvrage. En écho à la publication de « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » vous trouverez ici un prolongement naturel à l’ouvrage des évêques du conseil permanent. « Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme » (Gaudium et spes 41).

P. Emmanuel COQUET

Secrétaire général adjoint

BOUTIQUE EN LIGNE

Les 4 principes pour agir par le pape François

Exhortation apostolique Evangelii Gaudium

Le temps supérieur à l’espace

Ce principe permet de travailler à long terme, sans être obsédé par les résultats immédiats. Il aide à supporter avec patience les situations difficiles et adverses, ou les changements des plans qu’impose le dynamisme de la réalité. Il est une invitation à assumer la tension entre plénitude et limite, en accordant la priorité au temps. Un des péchés qui parfois se rencontre dans l’activité socio-politique consiste à privilégier les espaces de pouvoir plutôt que les temps des processus. Donner la priorité à l’espace conduit à devenir fou pour tout résoudre dans le moment présent, pour tenter de prendre possession de tous les espaces de pouvoir et d’auto-affirmation. C’est cristalliser les processus et prétendre les détenir. Donner la priorité au temps c’est s’occuper d’initier des processus plutôt que de posséder des espaces. Le temps ordonne les espaces, les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne en constante croissance, sans chemin de retour. Il s’agit de privilégier les actions qui génèrent les dynamismes nouveaux dans la société et impliquent d’autres personnes et groupes qui les développeront, jusqu’à ce qu’ils fructifient en évènement historiques importants. Sans inquiétude, mais avec des convictions claires et de la ténacité. Ce critère est aussi très adapté à l’évangélisation, qui demande d’avoir présent l’horizon, d’adopter les processus possibles et les larges chemins. Le Seigneur lui-même en sa vie terrestre a fait comprendre de nombreuses fois à ses disciples qu’il y avait des choses qu’ils ne pouvaient pas comprendre maintenant, et qu’il était nécessaire d’attendre l’Esprit Saint (cf. Jn 16, 12-13). La parabole du grain et de l’ivraie (cf. Mt 13, 24-30) décrit un aspect important de l’évangélisation qui consiste à montrer comment l’ennemi peut occuper l’espace du Royaume et endommager avec l’ivraie, mais il est vaincu par la bonté du grain qui se manifeste en son temps.

L’unité prévaut sur le conflit

Quand nous nous arrêtons à une situation de conflit, nous perdons le sens de l’unité profonde de la réalité. La voie, la mieux adaptée, de se situer face à un conflit. C’est d’accepter de supporter le conflit, de le résoudre et de le transformer en un maillon d’un nouveau processus. « Bienheureux les artisans de paix ! » (Mt 5, 9). Pour cela, il faut postuler un principe indispensable pour construire l’amitié sociale : l’unité est supérieure au conflit. La solidarité, entendue en son sens le plus profond et comme défi, devient ainsi une manière de faire l’histoire, un domaine vital où les conflits, les tensions, et les oppositions peuvent atteindre une unité multiforme, unité qui engendre une nouvelle vie. Il ne s’agit pas de viser au syncrétisme ni à l’absorption de l’un dans l’autre, mais de la résolution à un plan supérieur qui conserve, en soi, les précieuses potentialités des polarités en opposition. Ce critère évangélique nous rappelle que le Christ a tout unifié en lui : le ciel et la terre, Dieu et l’homme, le temps et l’éternité, la chair et l’esprit, la personne et la société. Le signe distinctif de cette unité et de cette réconciliation de tout en lui est la paix : Le Christ « est notre paix » (Ep 2, 14). L’annonce de l’Évangile commence toujours avec le salut de paix, et à tout moment la paix couronne les relations entre les disciples et leur donne cohésion. La paix est possible parce que le Seigneur a vaincu le monde, avec ses conflits permanents « faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 20). Mais si nous allons au fond de ces textes bibliques, nous découvrirons que le premier domaine où nous sommes appelés à conquérir cette pacification dans les différences, c’est notre propre intériorité, notre propre vie toujours menacée par la dispersion.

La réalité est plus importante que l’idée

Il existe aussi une tension bipolaire entre l’idée et la réalité. La réalité est, tout simplement ; l’idée s’élabore. Entre les deux il faut instaurer un dialogue permanent, en évitant que l’idée finisse par être séparée de la réalité. Il est dangereux de vivre dans le règne de la seule parole, de l’image, du sophisme. A partir de là se déduit qu’il faut postuler un troisième principe : la réalité est supérieure à l’idée. Cela suppose d’éviter diverses manières d’occulter la réalité : les purismes angéliques, les totalitarismes du relativisme, les nominalismes déclaratifs, les projets plus formels que réels, les fondamentalismes antihistoriques, les éthiques sans bonté, les intellectualismes sans sagesse. La réalité est supérieure à l’idée. Ce critère est lié à l’incarnation de la Parole et à sa mise en pratique : « À ceci reconnaissez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu » (1Jn 4, 2). Le critère de réalité d’une parole déjà incarnée et qui cherche toujours à s’incarner, est essentiel à l’évangélisation. Il nous porte, d’un côté, à valoriser l’histoire de l’Église comme histoire du salut, à nous souvenir de nos saints qui ont inculturé l’Évangile dans la vie de nos peuples, à recueillir la riche tradition bimillénaire de l’Église, sans prétendre élaborer une pensée déconnectée de ce trésor, comme si nous voulions inventer l’Évangile. D’un autre côté, ce critère nous pousse à mettre en pratique la Parole, à réaliser des œuvres de justice et de charité dans lesquelles cette Parole soit féconde. Ne pas mettre en pratique, ne pas intégrer la Parole à la réalité, c’est édifier sur le sable, demeurer dans la pure idée et tomber dans l’intimisme et le gnosticisme qui ne donnent pas de fruit, qui stérilisent son dynamisme.

Le tout est supérieur à la partie

Le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci. Par conséquent, on ne doit pas être trop obsédé par des questions limitées et particulières. Il faut toujours élargir le regard pour reconnaître un bien plus grand qui sera bénéfique à tous. Mais il convient de le faire sans s’évader, sans se déraciner. Il est nécessaire d’enfoncer ses racines dans la terre fertile et dans l’histoire de son propre lieu, qui est un don de Dieu. On travaille sur ce qui est petit, avec ce qui est proche, mais dans une perspective plus large. De la même manière, quand une personne qui garde sa particularité personnelle et ne cache pas son identité, s’intègre cordialement dans une communauté, elle ne s’annihile pas, mais elle reçoit toujours de nouveaux stimulants pour son propre développement. Ce n’est ni la sphère globale, qui annihile, ni la partialité isolée, qui rend stérile. Le modèle n’est pas la sphère, qui n’est pas supérieure aux parties, où chaque point est équidistant du centre et où il n’y a pas de différence entre un point et un autre. Le modèle est le polyèdre, qui reflète la confluence de tous les éléments partiels qui, en lui, conservent leur originalité. Tant l’action pastorale que l’action politique cherchent à recueillir dans ce polyèdre le meilleur de chacun. Y entrent les pauvres avec leur culture, leurs projets, et leurs propres potentialités. Même les personnes qui peuvent être critiquées pour leurs erreurs ont quelque chose à apporter qui ne doit pas être perdu. C’est la conjonction des peuples qui, dans l’ordre universel, conservent leur propre particularité ; c’est la totalité des personnes, dans une société qui cherche un bien commun, qui les incorpore toutes en vérité.

Semaine Sainte avec Notre Dame

Semaine Sainte chez nous : 

Mardi saint 16 avril

  • 18h Messe Chrismale cathédrale Nanterre
  • 20h30 Lecture priante de la Bible à Ste Magdeleine

 

Mercredi saint – 17 avril

  • 19h30 Temps de méditation à St François de Sales à partir des textes du Jeudi saint, avec l’Action Catholique Ouvrière 92 Sud

Jeudi saint – 18 avril

  • 9h Laudes suivies d’un enseignement à St François de Sales
  • 20h Messe en mémoire de la Cène du Seigneur à  à Ste Magdeleine

Vendredi saint – 19 avril

  • 9h Laudes suivies d’un enseignement à St François de Sales
  • 12h30 Chemin de croix à Ste Magdeleine et
  • 15h Chemin de croix dans chaque église
  • 20h Célébration de la Passion du Seigneur à  à St Jean-Baptiste

 

Samedi saint – 20 avril

  • 9h Laudes suivies d’un enseignement à St François de Sales
  • de 10h à 11h30 Atelier de la Parole à St François de Sales
  • 21h Veillée Pascale à St François de Sales

Dimanche de Pâques – 21 avril

  • 10h30 Messe de Pâques à Ste Magdeleine, St François de Sales et St Jean-Baptiste (en latin)

Newsletter des Aumônerie des jeunes

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Newsletter des AEP du 92 N°8 – Avril 2019

« Un jeune a quelque chose d’un prophète… »
Pape François – Dieu est jeune

Newsletter des AEP du 92 N°8 – Avril 2019

Chers amis,
Vous connaissez ce beau texte d’Isaïe où le Seigneur dit « Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur… » (Is 43, 4) et assure de l’importance de chacun à ses yeux.
Le pape François insiste dans son exhortation apostolique post-synodale, en s’adressant directement aux jeunes : « Tu as vraiment de la valeur pour lui, tu n’es pas insignifiant, tu lui importes… » (Christus vivit, n115)
À notre tour, éducateurs, animateurs en aumônerie, de le redire aux jeunes, à tous les jeunes, de leur manifester par notre bienveillance, notre écoute, notre attitude éducative ajustée. Qu’ils puissent tous l’entendre et en être assurés, rassurés peut-être.
Cette newsletter est l’occasion de nous rappeler combien cela est important, en proposant un retour sur la soirée du 20 février dernier et une invitation à la transmettre et la retravailler en équipe d’animateurs. Elle invite aussi à s’émerveiller de ce qui se crée avec et pour les jeunes dans nos aumôneries. Cette fois-ci, Ochâclap, Châtenay-Malabry et Meudon nous partagent leurs réalisations. D’autres suivront !
Piochez aussi, comme d’habitude dans les ressources et outils qui vous sont proposés. Ils sont nombreux et variés !
Et que tout cela vous accompagne, en ces dernières semaines de Carême , vers la Lumière de Pâques !

Nicole Lemauff
Déléguée diocésaine des Aumôneries de l’Enseignement Public de Nanterre

Et n’oubliez pas de transmettre cette newsletter à tous vos animateurs ou de leur proposer de s’y inscrire directement !

ACTUS ET COUPS DE CŒUR
Appel décisif des adolescents
Dimanche 17 mars 2019, 165 jeunes catéchumènes de nos aumôneries et des établissements catholiques ont été appelés par Mgr Rougé à recevoir le baptême, l’eucharistie et pour certains la confirmation
– Retrouvez les photos de la célébration

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Lancement des Écoles de Prière des jeunes 2019
« Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur » (Mt 11, 29).
Les inscriptions pour l’École de Prière des Jeunes du diocèse de Nanterre sont ouvertes !
4 sessions cet été et à la Toussaint et une nouveauté à Asnières : « L’École de prière en journée. »
Une invitation qui s’adresse aux enfants et aux jeunes de 7 à 17 ans !

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Soirées de prière et de louanges pour les vocations
À l’occasion de la journée mondiale des vocations, le service des vocations propose 3 soirées de prière et de louanges animées par Hopen :
– Mardi 7 mai 2019 à Asnières
– Mercredi 8 mai 2019 à Boulogne-Billancourt
– Jeudi 16 mai 2019 à Garches

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Journée Portes Ouvertes au séminaire Saint-Sulpice
Le séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux vous convie à sa journée Portes Ouvertes samedi 25 mai à partir de 14h.
– Au programme : conférence de Mgr Rougé, prière, visite, témoignages, jeux.

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«LIBÉRÉS DU PÉCHÉ», dernier numéro de la Revue numérique « l’Oasis » du Service National de la Catéchèse et du Catéchuménat
Pour réfléchir au sens du péché, au combat spirituel.
Pour percevoir comment « Tous les sacrements donnent de vivre en Christ des passages de la mort à la vie ».

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Pèlerinage à Chartres pour les 18-30 ans des diocèses d’Ile-de -France
• Du 12 au 14 avril 2019 (Week-end des Rameaux)
• Autour du thème : Entrez dans l’Espérance ! Qui nous fera voir le bonheur ?
• Avec la présence de Mgr Rougé la journée du samedi.
• Tarif : 15€ (20€ à partir du 14 mars)

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logo rubrique VIE DES AUMÔNERIES
Un temps fort autour de l’Eucharistie pour les aumôneries du Sud
130 jeunes de cinq aumôneries du secteur sud se sont retrouvés le dimanche 24 mars à Meudon-la-Forêt.
130 collégiens (…)

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Les 4°-3° d’Ôchâclap sont montés sur scène
53 personnes pour un projet fédérateur !

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Une journée au Sacré-Coeur pour les 4°-3° d’Ôchâlap
Au programme : rallye-photo, rencontre avec une religieuse de Montmartre, temps d’adoration, crêpe place du Tertre… et retour à Clamart pour la messe avec les autres niveaux

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logo rubrique RESPONSABLES, PRÊTRES ET ANIMATEURS
Formation « repères pour les éducateurs : lutter contre les abus et les actes pédophiles »
Retour sur la soirée du 20 février 2019. Quelle vigilance et juste attitude avoir personnellement et en équipe ? (…)

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Retour sur la journée FAR (Formation Animateurs Responsables) du 9 février 2019
Une journée en ateliers pour se former et échanger !
● Retrouvez la vidéo de Mgr Rougé sur l’importance et les enjeux (…)

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logo rubrique OUTILS ET RESSOURCES
#Synod2018 : Parution de l’exhortation apostolique « Christus vivit »
L’Exhortation Apostolique post-synodale « Christus vivit » du pape François, signée lundi 25 mars et adressée « aux (…)

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« On se voit dimanche ? » dernier numéro de la Revue Initiales
Pour réfléchir au sens de ce « jour du Seigneur » ; à la manière dont nous passons cette journée, mais aussi à ce que (…)

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L’art sacré comme chemin vers Pâques
Découvrez le site Narthex édité par la Conférence des Évêques de France
Chaque jour une proposition pour cheminer vers (…)

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Liturgie : le renvoi des catéchumènes
Pour decouvrir le sens et la proposer à nos jeunes catéchumènes.

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Les trésors de Paris
Des parcours clés en main et accompagnés pour découvrir le patrimoine chrétien avec les jeunes
Cette association, (…)

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Idée lecture
Connectez-vous à l’Évangile ! de Sœur Anne-Marie Aitken, Xavière
Connectez-vous à l’Évangile !
Par son approche (…)

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logo CyberCuré Vous vous posez une question ?
Un prêtre vous répond sur le CyberCuré !
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Au seuil de la Semaine Sainte

Chers frères et sœurs du diocèse de Nanterre,

Chers amis des Hauts de Seine,

Au seuil de la Semaine Sainte et à l’approche de Pâques, je souhaite vous adresser à tous un message de vérité, d’encouragement et de prière.

Les abus et les crimes révélés ces derniers mois ont suscité incompréhension, colère et découragement. Ces sentiments, je les comprends parce que je les partage.

Comment certains tempéraments pervers ont-ils pu pendant des années, en France et dans le monde, utiliser des apparences spirituelles pour commettre abus de pouvoir, abus de conscience et abus sexuels ? Comment certains mécanismes de gouvernement ont-ils été neutralisés au point de laisser faire crimes et loi du silence ?

Il nous faut aujourd’hui, dans le sillage de ce qui se fait déjà dans notre diocèse, réagir à ces très graves dysfonctionnements, sans simplisme, sans panique mais aussi sans faiblesse. Il nous faut également renforcer nos efforts de prévention et de formation. Il nous faut enfin promouvoir un authentique renouveau spirituel sans lequel rien ne sera possible. Plus que jamais, nous nous tenons aux côtés des victimes avec beaucoup d’humilité et de compassion.

Avec les prêtres, diacres, consacrés, hommes et femmes laïcs qui portent avec moi la mission de notre Eglise, je m’engage à avancer résolument sur ces chemins de reconstruction. Nous traversons une lourde épreuve. Elle peut, elle doit être une épreuve de vérité. Avec tous ceux, si nombreux dans notre diocèse, qui tiennent dans une magnifique et féconde fidélité, je crois à la beauté insurpassable de l’Evangile.

Que dans notre diocèse se multiplient les initiatives en vue du renouveau de l’Eglise. Que cela soit notre espérance, notre détermination et notre prière à l’approche de Pâques.

 

+ Matthieu Rougé

Evêque de Nanterre

 

 

Notre site : http://paroisses-plessis-clamart.businesscatalyst.com/

Une page sur notre site au sujet des scandales : http://paroisses-plessis-clamart.businesscatalyst.com/scandales.html

répétition du concert « Leçons de ténèbres »

Notre Organiste nous invite à profiter de la répétition d’un concert lundi 15 avril à 20h30 à Saint Jean Baptiste. 

Les leçons de ténèbres pour le Mercredi saint ont été écrites par François Couperin pour les liturgies de la semaine sainte de 1714 à l’abbaye de Longchamp. Elles reprennent le texte des lamentations de Jérémie, issu de l’Ancien Testament où le prophète déplore la destruction de Jérusalem par les Babyloniens. Dans la tradition catholique, elles symbolisent la solitude du Christ abandonné par ses apôtres.

Celles de François Couperin sont au nombre de trois, écrites pour des religieuses de l’abbaye royale de Longchamp, alors connues comme talentueuses musiciennes. Le compositeur en aurait composé, au moins partiellement, six autres : trois pour le Jeudi saint et trois pour le Vendredi saint1. Ces six dernières n’ayant jamais été éditées, elle ne nous sont malheureusement jamais parvenues.

Concernant celles du Mercredi saint, les deux premières font appel à une voix seule, cependant que la troisième, écrite pour deux voix de dessus, est regardée par les musicologues comme l’un des sommets de l’art vocal de l’époque baroque. Dans cette dernière, les deux voix se mêlent en de somptueuses vocalises, appogiatures, ornements, et dissonances, tout en demeurant dans une atmosphère de recueillement.

Chaque verset en latin est précédé de la lettre hébraïque qui le commençait dans le texte hébreu (mélisme).

Antidéfaitisme …

Matthieu Rougé, L’Eglise n’a pas dit son dernier mot –

Petit traité d’antidéfaitisme catholique (Paris, Robert Laffont, 2014, 264 p.)

« Pourquoi dès lors le catholicisme a-t-il pu donner prise à cette réputation de ‘’haine de corps’’ ? par défaut de christianisme authentique à nouveau, par ‘’mondanité’’, par conformation trop peu critique à la pensée grecque contemporaine de sa naissance. L’Eglise a beaucoup reçu du néoplatonisme des premiers siècles de notre ère, comme le montre par exemple saint Augustin dans ses Confessions. Mais il lui a fallu s’affranchir de sa vision restrictive de la divinité, incapable pour la pensée grecque de vraie rencontre avec la mutabilité du monde et de l’histoire, ce qui fut accompli avec le concile de Nicée en 325. De manière diffuse, un mépris ou, pour le moins, un manque de considération pour le corps est resté présent dans certaines approches réputées chrétiennes. Les disputes théologiques autour de la légitimité et du statut des images, aboutissant à la condamnation des iconoclastes – ceux qui détruisent les images, non pas les esprits libres ! – au concile de Nicée II en 787, ont permis une réflexion positive sur la corporéité mais pas suffisante pour délivrer durablement les chrétiens du jansénisme vulgarisé dont j’ai parlé plus haut a surenchéri sur cette dépréciation du corps en guettant maladivement le péché derrière toute expression de sensibilité. Il est vrai que l’expérience enseigne à chacun qu’il n’est pas facile de faire l’unité de son corps et de son esprit : combien d’amoureux sincères n’ont-ils pas été étonnés, blessés, de se sentir charnellement attirés par un autre corps que celui de l’être aimé ? Cette distorsion intérieure, qui s’exprime aussi dans la souffrance physique, est une autre des expressions du dérèglement humain en attente de salut. Le mal cependant ne provient pas du corps lui-même mais du manque d’harmonie de l’âme et du corps, que les chrétiens croient possible de retrouver et d’approfondir par la grâce unifiante de la foi et de la charité.

Quoi qu’il en soit de ce parasitage de l’esprit chrétien authentique par une réticence à l’égard du corps et de ses manifestations, l’Eglise fondamentalement n’a jamais cessé de valoriser la dignité corporelle de la personne. La consommation du mariage a toujours été considérée non pas comme une concession à la brutalité ou à un érotisme suspect, mais comme le bel accomplissement de l’engagement mutuel des époux. Le Cantique des Cantiques, déjà mentionné plusieurs fois, évoque sans restriction les ‘’cheveux [de la bien-aimée] comme un troupeau de chèvres, ondulant sur les pentes du mont Galaad. […] Ses lèvres, un fil d’écarlate. […] Ses deux seins, deux faons, jumeaux d’une gazelle qui paissent parmi les lis. […] A l’émerveillement devant le corps sexué, il faut ajouter les soins constamment apportés aux corps souffrants. Le fameux évangile du ‘’bon Samaritain’’, dont le titre est entré dans le langage courant, avait donné le ton en énumérant avec précision les gestes de charité accomplis à l’égard de l’homme roué de coups et détroussé, trouvé à demi mort sur le bord de la route entre Jérusalem et Jéricho : ‘’ Il s’approcha, banda ses plaies, y versa de l’huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture.’’ Depuis l’Antiquité, le soin charnel des malades, le respect des corps en vue du respect des cœurs, comme condition et expression de l’amour des cœurs, fait partie pour ainsi dire, du code génétique de la charité chrétienne. »

(pp 175-177)

DIEU A-T-IL UNE VOLONTÉ PARTICULIÈRE SUR CHACUN DE NOUS ?

Posée ainsi la question nous embarrasse. Il y a des jours où nous voudrions bien pouvoir nous référer à une volonté particulière de Dieu qui serait notre vocation. Comme ce serait rassurant et réconfortant aux heures de doute et de difficultés !

Savoir qu’on s’inscrit dans un dessein de Dieu prévu de toute éternité où chaque élément de notre vie, heureux ou malheureux, trouve place et sens !

Mais en même temps, quelque chose en nous proteste : Dieu nous mettrait ainsi devant un programme à remplir, fixé en dehors de nous, sans même nous donner des moyens sûrs de le connaître ? Car si les mots ont un sens et si l’on voulait parler alors de volonté de Dieu, de quel poids ce vouloir divin ne pèserait-il pas sur nos libertés ! Quelle angoisse aussi pour nous lorsqu’il s’agirait de choisir : toute erreur, tout retard seraient dramatiques. Passant à côté du dessein de Dieu, nous situant, même involontairement, hors de son projet, nous aurions tout perdu, tout gâché. Et ceci d’autant plus facilement que nous savons bien que les voies de Dieu ne sont pas nos voies et que nous mesurons chaque jour combien il est difficile et parfois hasardeux de vouloir discerner ce que nous appelons la volonté de Dieu. Que Dieu nous ait placés à la croisée des chemins, en face de plusieurs directions dont une seule serait la bonne sans nous donner les moyens de la reconnaître avec certitude, relève du visage d’un Dieu pervers et ne peut en aucun cas exprimer l’attitude du Dieu de l’Alliance qui est venu sauver ce qui était perdu.

Et pourtant nous savons bien que ce même Dieu est celui qui nous appelle par notre nom et que notre rencontre avec Lui passe par un chemin qui nous est particulier. D’Abraham à Pierre, l’histoire du salut abonde en exemples d’hommes appelés à une vie nouvelle pour une mission précise, qui trouve souvent son symbole dans le changement de noms : on t’appellera désormais Abraham, Israël, Pierre. La mission de Moïse, celle de Jérémie ou de Paul, semblent bien correspondre à une volonté particulière de Dieu, jusqu’à marquer leur vie d’une singularité qui les conduit à une véritable solitude. Destins exceptionnels ou exemplaires de ce que nous sommes tous appelés à vivre ?

Une question mal posée

Quel prêtre, quel éducateur, ayant à aider des jeunes à choisir une orientation de vie n’a rencontré un jour des garçons et des filles venus lui dire avec espérance et angoisse : « j’ai un choix à faire, je veux faire la volonté de Dieu et je ne voudrais pas me tromper, ce serait grave, mais je ne sais pas ce que Dieu attend de moi, alors je viens vous voir pour que vous me donniez les moyens de le savoir en toute certitude. »

Répondre à une question ainsi posée est impossible, prétendre le faire serait à tout le moins présomptueux. Qui peut se situer ainsi de plain pied avec la volonté divine ? Le discernement, dont nous dirons l’importance, ne nous livre pas, tels quels, les projets de Dieu sur nous ; il nous dispose à reconnaître dans nos désirs et nos souhaits ceux qui peuvent se réclamer de l’Esprit du Christ ; ce n’est pas la même chose !

La seule réponse que nous puissions faire à la question que nous venons d’évoquer, c’est de dire à ce garçon ou à cette fille : « La volonté de Dieu ce n’est pas d’abord que tu choisisses ceci ou cela ; c’est que tu en fasses bon usage, que tu choisisses toi-même, au terme d’une réflexion loyale, libérée de l’égoïsme comme de la peur, la manière la plus féconde, la plus heureuse de réaliser ta vie. Compte-tenu de ce que tu es, de ton passé, de ton histoire, des rencontres que tu as faites, de la perception que tu peux avoir des besoins de l’Eglise, et du monde quelle réponse personnelle peux-tu donner aux appels que tu as perçus dans l’Evangile? Ce que Dieu attend de toi, ce n’est pas que tu choisisses telle ou telle voie qu’il aurait prévue de toute éternité pour toi, c’est que tu inventes aujourd’hui ta réponse à sa présence et à son appel ! »

Il ne s’agit plus alors de découvrir et d’accomplir un programme préétabli, mais de faire naître une fidélité. L’expérience montre que c’est un changement de perspective assez radical et qu’il demande souvent du temps.

Une conversion en profondeur

Il y a une part de nous-mêmes qui a bien du mal à se détacher d’un visage pervers de Dieu, hérité souvent du déisme qui a marqué la culture occidentale. Ici le Dieu tout puissant, qui voit tout, qui sait tout, devant qui l’histoire humaine se déroule comme un spectacle sans surprise, et qui attend que nous prenions notre place de figurants là où il l’a prévue de toute éternité. Personne ne s’exprimera aussi brutalement, mais il n’est pas besoin de gratter beaucoup pour retrouver ce visage de Dieu en arrière plan de certaines de nos manières de concevoir la volonté de Dieu, sa providence…

Il y a bien un dessein de Dieu sur l’humanité; les Epîtres de Paul, le prologue de l’Evangile de Jean ont tenté de le décrire : « Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par Jésus-Christ. » (Ep 1, 4-5)… »A tous ceux qui l’ont accueilli, Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).

Ce dessein de Dieu n’est pas une détermination quelconque d’une volonté divine souverainement libre, c’est un dessein de salut qui exprime l’être ultime de Dieu : l’amour qui se donne et se communique. C’est l’expression de la communion intime du Père, du Fils et de l’Esprit qui s’ouvre à une altérité pour l’accueillir dans son amour. Ce dessein d’Alliance englobe toute l’histoire et toute l’humanité, mais parce qu’il est volonté d’alliance, désir de communion, il ne peut s’adresser qu’à des personnes libres.

Il est donc bien vrai qu’il y a un désir de Dieu qui nous rejoint chacun personnellement. Si Dieu se manifeste par son Verbe, sa Parole, c’est bien pour être entendu par chacun d’entre nous. S’il nous appelle à être fils dans le Fils Unique, c’est bien qu’Il attend de nous que nous nous disions dans une parole qui vienne rejoindre la sienne.

Cette parole, Il l’espère de chacun de nous. La révélation de son amour peut bien la faire naître en nous : c’est à nous de la prononcer sans qu’elle nous soit jamais dictée.

En d’autres termes, on pourrait encore dire qu’en nous créant à son Image, Dieu nous appelle, chacun, à donner à cette image sa ressemblance particulière. Comme Jésus a donné à l’Image du Père un visage humain particulier, à sa Parole un accent unique, chacun d’entre nous est appelé à refléter dans sa vie la sainteté du Père.

Le Dieu devant qui nous sommes n’est donc pas cet ordinateur surpuissant capable de programmer et de tenir en mémoire des milliards de destinées individuelles et qu’il nous faudrait interroger avec crainte et tremblement sur notre avenir. C’est l’Amour qui a pris le risque de nous appeler à la vie, semblables et différents, pour nous offrir l’alliance et la communion. C’est à ce visage de Dieu qu’il faut nous convertir si nous voulons pouvoir nous situer en vérité devant la volonté de Dieu. Nous le reconnaîtrons alors non plus comme un diktat ou une fatalité, mais comme un appel à une création commune.

Pour une création

La réponse que nous allons donner à Dieu n’est inscrite nulle part, ni dans le livre de vie, ni même dans le cœur de Dieu, sinon comme une attente et une espérance. L’espérance de ce que Dieu ne voit pas encore et auquel nous allons, nous, donner forme et visage. C’est la grandeur et le risque de nos vies d’être ainsi appelées à éveiller la joie de Dieu par la qualité et la générosité de notre réponse.

Les choix que nous faisons alors ne sont pas des créations à partir de rien. Nous les préparons avec ces matériaux que sont nos conditionnements humains : notre tempérament et notre histoire. Nous ne pouvons pas tout mais nous pouvons donner sens et visage à ce qui ne serait qu’un destin. Dans cet effort de création personnelle en réponse à l’appel de Dieu, l’Esprit nous rejoint, non comme une force extérieure qui s’imposerait à nous, mais comme une énergie intérieure suscitée en nous par l’accueil de la parole de Dieu et la participation à la vie de l’Eglise.

L’Evangile ne nous dictera pas le choix, mais il ouvrira à notre désir des horizons :  » Il a été dit …moi je vous dis…cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice (Mt 5,26-6, 33). Là où je suis, je veux que vous soyez aussi… La volonté de mon Père c’est que vous portiez fruit et un fruit qui demeure « . (Jn 14, 3-15, 16). L’Evangile ne nous dira pas ce qu’il faut faire, mais il nous appellera en toutes choses à la perfection de la charité : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait…aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés…celui qui ne pardonne pas à son frère de tout son cœur… » (Mt 5,48 ; Jn 15,12; Mt 18,35).

L’Eglise pourra, elle aussi, nous adresser des appels…aux ministères, à la vie consacrée, à telle ou telle forme de service, mais quelles que soient ses nécessités, elle n’engagera jamais quelqu’un dans une voie particulière sans s’assurer de son libre consentement. Pour nous aider dans notre réponse, elle nous relie à une foule immense de témoins où elle nous apprend à reconnaître des frères. Leurs vies, leurs choix sont là, devant nous, comme autant d’appels non à les imiter, mais à les suivre. François d’Assise, Ignace, Thérèse… sont uniques et inimitables, mais leurs vies sont pour nous autant d’invitations à inventer à notre tour la réponse qui viendra glorifier Dieu. Et si nous nous efforçons de retrouver ce qu’ils ont vécu, nous verrons qu’il n’y a rien de moins prévisible et programmé que leur vie.

Ils ont cherché la volonté de Dieu de tout leur cœur, ils ont eu une conscience très vive d’avoir été prévenus, devancés, par l’amour de Dieu, un amour qu’ils n’en finissaient pas de reconnaître dans l’action de grâce. Dans leur choix, ils ont tâtonné, hésité, parfois douté pour finalement se confier à l’Esprit qui les guidait vers le Royaume. Des événements les plus divers, ils ont su faire des grâces, glorifiant Dieu dans l’épreuve, comme dans le succès. La continuité, la cohérence que nous admirons dans leur vie ne se sont souvent révélées qu’après coup, lorsqu’on a pu embrasser d’un seul regard un cheminement bien tâtonnant. Que l’on pense par exemple aux choix successifs qui ont marqué l’itinéraire spirituel de Charles de Foucauld. Beaucoup plus qu’une programmation rigoureuse, ce qui caractérise la vie des saints, c’est la qualité d’une réaction spirituelle aux événements quels qu’ils soient, fussent-ils les plus inattendus.

On n’a pas toujours bien compris la phrase de Pascal : « Les événements sont des maîtres que Dieu nous donne pour nous aider à le servir ». Ne lui faisons pas dire plus qu’elle ne veut dire. Les événements ne sont pas un cadre où Dieu nous enferme; ce ne sont pas les événements qui font le saint. Ils sont le matériau qui nous est donné pour construire notre réponse. La réponse portera la marque du matériau utilisé, mais plus encore celle de l’architecte que nous sommes et qui en a la responsabilité. On ne peut pas tout faire avec tout, mais on peut toujours faire une œuvre d’une vie. L’amour peut faire jaillir la sainteté dans les pires contextes humains : le témoignage de ceux qui ont consacré leur vie à l’amitié des marginaux, des déshérités, des exclus ne cesse de nous le rappeler.

Nous nous demandons si l’on peut parler d’une volonté particulière de Dieu sur chacun de nous. L’Eglise en nous faisant vivre la communion des saints nous rappelle qu’il serait plus exact de parler d’une réponse personnelle de chacun de nous au désir de Dieu.

Pour le dialogue de deux libertés

L’amour de Dieu nous précède ; nous ne finissons jamais d’en prendre conscience et d’en rendre grâce. Mais comme nous le rappelle saint Paul cet amour « s’est anéanti lui-même » (Ph. 2,7) devant notre propre liberté, ayant pris pour nous éternellement la figure du Serviteur. C’est dire qu’en nous appelant à la communion Dieu n’a d’autre désir que de consacrer notre liberté, de lui offrir un horizon qui la dilate elle-même jusqu’à l’infini : « Demeurez en moi comme moi en vous. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jn 15, 4, 11). Si Dieu a bien un désir sur nous, c’est d’abord celui de nous voir porter du fruit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure » (Jn 15,16). On ne peut mieux souligner à la fois l’antériorité du désir de Dieu et son vœu profond : nous voir assumer pleinement notre liberté. Comme l’amour suscite l’amour, la liberté éveille la liberté : celle de Dieu éveille celle de l’homme.

Aussi pour apprécier la qualité spirituelle de ma réponse à Dieu, faut-il encore la relire du point de vue de ma propre liberté. Est-elle fruit de ma liberté profonde, est-elle une vie qui s’assume réellement elle-même ? Je reconnaîtrais que ma décision rejoint la volonté de Dieu, si je peux dire qu’elle me rend plus libre, c’est-à-dire si elle introduit dans ma vie cohérence et sens, si elle unifie mon passé en lui ouvrant un avenir. Nous touchons là à une des caractéristiques les plus profondes d’une décision spirituelle. Elle va unifier ce qui n’était encore dans mon passé que touches successives. Elle va tisser dans ma mémoire des liens que je n’avais pas encore perçus, introduire dans le discontinu apparent de mes grâces et de mes faiblesses une continuité nouvelle. Et en même temps, elle m’ouvre un avenir, le passé ainsi réunifié fait apparaitre des possibilités neuves. Ce qui aurait paru impossible ou insensé devient naturel. Quand, à son retour de Jérusalem, Ignace de Loyola prend la décision d’aller à l’école, ce choix unifie tout un passé de grâces autour d’une motion spirituelle reconnue comme fondamentale : le désir d’aider les âmes. Il ouvre en même temps un avenir, qu’Ignace ne perçoit pas encore, mais qui va s’inscrire dans la logique de ce choix : la fondation de la Compagnie.

Il pourra dire en vérité que cette fondation est tout entière œuvre de Dieu dont l’amour l’a précédé et guidé à toutes les étapes de sa vie. Nous pouvons dire, nous, que c’est l’œuvre d’Ignace, de sa générosité, de sa fidélité, de sa lucidité : elle porte la marque de sa liberté. Faut-il alors parler d’une volonté de Dieu ? Nous sentons bien que toute alternative de ce type laisse de côté la vérité profonde : celle d’une rencontre, d’une communion de deux libertés qui se retrouvent dans une œuvre commune.

Pour le bien de tout le corps

Parler de volonté particulière de Dieu sur chacun de nous demande une précision. Dans la Bible toute vocation est individualisée : des hommes, un peuple. Mais saint Paul nous rappellera que toute grâce est donnée pour le bien de tout le corps. Si l’on veut évoquer les grandes étapes de l’histoire du salut : ce sont des noms que l’on va voir apparaître : Abraham, Moïse, David, les Prophètes, Jésus. Des noms propres avec leur destinée bien particulière, mais aucun d’eux ne peut se comprendre sans référence à sa place dans l’histoire commune. Il n’y a de saints que dans la communion des saints, dans le cheminement du peuple de Dieu vers le Royaume. Aussi discerner la volonté de Dieu sur ma vie, est-ce toujours m’interroger sur ma place dans le Corps du Christ. Non pas celle qui me serait assignée, mais celle que je peux, que je désire prendre. Quel membre serai-je pour le bien de tout le Corps ? Là encore la réponse m’appartient et Dieu l’attend de moi, généreuse et neuve, pour se réjouir de ma solidarité, comme Il s’est réjoui de ma liberté.

Sommes-nous sujets d’une volonté particulière de Dieu ?

Nous avons à discerner dans nos vies les appels de Dieu, et il serait insensé de dire qu’il n’y en a pas. Dieu ne cesse de nous créer par sa Parole, nous n’existons que dans cette Parole qui nous appelle aujourd’hui à la vie. A nous de reconnaître les paroles multiples qui traduisent cette Parole créatrice, comme un enfant devient attentif aux mots qui l’appelle à sortir de lui-même. C’est souvent en tentant de relire notre vie sous le regard de Dieu, en faisant mémoire de son amour et de sa fidélité pour nous, que nous deviendrons sensibles aux appels qu’Il nous adresse. Plus qu’une volonté précise, exprimée en règle de vie, ces appels nous diront le désir de Dieu, son attente et son espérance : nous voir inventer peu à peu notre réponse. Nous pourrons donc accueillir sans angoisse les hésitations, les échecs et les ambiguïtés de nos choix. Comme le disait Emmanuel Mounier : « Dieu est assez grand pour faire de nos erreurs même, une vocation ».

Il y a plusieurs demeures dans le maison du Père, Dieu attend que nous y édifions la nôtre et Il est avec nous au travail.

Père Michel Rondet, S.J.

Paru dans Christus N°153 Hors-Série sur l’accompagnement spirituel
Avec l’aimable autorisation de la revue Christus

Spectacle « MAKTUB ! » le 13 avril, 16h à Ste Magdeleine

« Maktub ! », samedi 13 avril à 16h à la crypte de l’église Ste Magdeleine.

Créé par les jeunes de 4ème/3ème et les animateurs de l’aumônerie Ôchâclap, ce spectacle est adapté du recueil de nouvelles de Paulo Coelho : Maktub. Objectif : financer la participation des jeunes de notre aumônerie au FRAT de Jambville du 7 au 10 juin prochain (rassemblement exceptionnel de 12 000 jeunes des diocèses d’Ile-de-France). Venez nombreux découvrir leurs talents sur scène et soutenir ce beau projet !

Au programme : théâtre, chant, danse, goûter, vente d’objets-souvenirs et bien d’autres choses… Tracts dans nos églises.

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