l’Église de France est appelée à de nouvelles manières de penser et d’agir.

Le nouveau président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, estime que l’Église de France est appelée à de nouvelles manières de penser et d’agir.

Recueilli par Bruno Bouvet, Dominique Greiner et Céline Hoyeau, le 26/06/2019 à 18:15

Mgr Éric de Moulins-Beaufort : « Il faut rénover l’assemblée des évêques »
Mgr Éric de Moulins-Beaufort, à Lourdes, le 4 avril 2019. Bruno Levy/Ciric

La Croix : Avez-vous le sentiment de prendre la tête d’une Église en crise ?

Mgr Éric de Moulins-Beaufort : Il serait absurde de nier que nous sommes en crise. Elle dure d’ailleurs depuis un certain temps : les révélations d’agressions sexuelles s’ajoutent à la baisse des vocations… En même temps, il y a aussi dans notre Église une belle jeunesse, des forces vives, des initiatives impressionnantes. Ce qui est déterminant, c’est notre lien avec le Seigneur, notre manière de le nourrir. Notre Église doit travailler à être toujours au service de ce lien plutôt que d’être soucieuse d’elle-même comme institution.

Comment l’Église peut-elle se situer devant cette perte de l’ancrage territorial de notre société ?

Mgr É. de M.-B. : La proximité est un défi. Et c’est bien pour cela que les prêtres doivent être plus proches et disponibles. Retrouver ce que nous avons vécu au début du christianisme, une forme d’itinérance. Être moins dans l’organisation que dans la rencontre.

Ce défi ne concerne d’ailleurs pas uniquement les prêtres. Avant de parler de l’organisation de la kermesse lors d’une réunion, on peut commencer par se donner des nouvelles ! Mais ce changement de perspective ne va pas de soi et demandera du temps. La baisse du nombre de prêtres est une contrainte qui nous pousse dans cette direction. C’est certes un moment difficile à vivre, mais cette faiblesse est aussi une force : enfin nous sommes obligés de changer !
Il ne s’agit plus de chercher à compenser l’absence de prêtres, par des réorganisations successives, mais de nous demander ce que nous faisons avec ceux que Dieu nous a donnés. La contrainte sera source d’une créativité inattendue. Et c’est une plus grande proximité qui peut rendre l’Église plus attractive pour nos contemporains qui cherchent une forme d’épanouissement personnel.

Serez-vous celui qui aura la force et le courage de dire : le maillage paroissial, c’est fini ?

Mgr É. de M.-B. : Je ne dirais pas que la paroisse est finie. À l’avenir il y aura moins de lieux eucharistiques dans les diocèses du fait de la baisse du nombre de prêtres. Il nous faut des entités locales, qui soient des lieux d’une vraie fraternité chrétienne, qui se nourrissent d’une prière commune plus déterminée, et ensuite d’une action commune.

Êtes-vous favorable à une réflexion comme celle qui se tiendra sur l’Amazonie à propos de l’ordination d’hommes mariés (les « viri probati ») ?

Mgr É. de M.-B. : Cette option n’est pas une solution pour pallier le manque de vocations, ce serait même irrespectueux vis-à-vis des hommes que l’on ordonnerait. Ce n’est pas la bonne manière de réfléchir. Le choix d’ordonner des hommes célibataires est un choix spirituel, fait à un moment de notre histoire, et que l’on peut réévaluer.
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Toutefois, il me semble que la situation de l’Amazonie est très différente de la France. Mais au-delà des viri probati, nous pouvons nous interroger sur la capacité de l’homme occidental à vivre le célibat. Notre rapport au corps, à la sexualité, a énormément changé depuis un siècle.

Devons-nous aussi réformer notre rapport au corps, à la sexualité ?

Mgr é. de M.-B. : C’est toute la société dont le rapport au corps se transforme, pas seulement les catholiques. Notre corps ne nous sert globalement plus à rien aujourd’hui car les technologies ont pris le relais. Nous l’utilisons dans le loisir, le sport, et l’érotisme. C’est un grand changement dont nous n’avons pas complètement mesuré les conséquences.

Pour ma part, je pense que nous, catholiques, avons quelques richesses de sagesse et de profondeur, nous avons une certaine idée du corps qui nous distingue de beaucoup d’autres.

La crise des abus sexuels ne rend-elle pas inaudible le discours de l’Église en la matière ?

Mgr É. de M.-B. : Cela nous prive peut-être un peu, nous évêques et prêtres, d’une légitimité pour parler, cela donne des arguments à ceux qui ne veulent pas nous entendre. Mais d’une part, ce que nous avons à dire n’en reste pas moins intéressant. Et d’autre part, ce n’est pas seulement aux évêques ou aux prêtres de s’exprimer sur ces sujets, c’est aux laïcs, à tout citoyen, de prendre la parole sur ces sujets qui les concernent au premier chef.

Vous êtes aussi archevêque de Reims. Comment regardez-vous aujourd’hui l’affaire Vincent Lambert ?

Mgr É. de M.-B. : Avec beaucoup de douleur car cette affaire existe à cause d’une blessure familiale. Après, ce cas tragique pose plusieurs questions : que veut dire réanimer ? Pourquoi le fait-on et jusqu’où ? Son corps n’a pas l’air prêt à mourir mais un certain nombre de médecins ont l’air de considérer qu’il est mort. Cette définition doit-elle évoluer ? Ce qui ne me paraît pas juste, c’est de considérer qu’il s’agit d’un cas de fin de vie. Il n’entre pas dans cette catégorie-là, me semble-t-il.

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Mgr Éric de Moulins-Beaufort

AR­TICLE | FAMILLECHRETIENNE / 27/06/2019 | Nu­méro 2163 | Par Sa­muel Pru­vot, Hugues Le­fèvre et Clo­tilde Hamon.jeudi 27 juin 2019 11:38

Manque de prêtres, abus dans l’Église, défis bioé­thiques… L’ar­che­vêque de Reims ar­rive à la tête de l’épis­co­pat dans un cli­mat dif­fi­cile. En­tre­tien.

Nous vi­vons des temps très dif­fi­ciles, mar­qués par la ré­vé­la­tion des abus dans le monde et en France. Quel mes­sage fort sou­hai­te­riez-vous adres­ser aux fi­dèles ?

Ce qui a ca­rac­té­risé ces der­niers mois, c’est moins la dé­cou­verte de l’exis­tence d’ abus com­mis par des prêtres, que le fait, pour beau­coup de chré­tiens, de réa­li­ser de quoi il s’agis­sait. Le film de Fran­çois Ozon [sorti en fé­vrier sur l’af­faire Prey­nat, Ndlr] ou le re­por­tage d’Arte [sur des re­li­gieuses abu­sées, Ndlr] ont été des dé­to­na­teurs.

Quand on est plongé dans ce sujet de­puis quelques an­nées (1), on pou­vait être étonné de la re­la­tive tran­quillité d’une par­tie des fi­dèles, peut-être même d’une par­tie de la po­pu­la­tion. Tant qu’on n’a pas ren­con­tré de per­sonne vic­time, on ne sait pas de quoi il s’agit en réa­lité. On peut avoir ten­dance à mi­no­rer la si­tua­tion. Que des prêtres puissent com­mettre des choses pa­reilles, que l’Église puisse ap­pa­raître comme une struc­ture qui cache et ca­moufle, tout cela a pro­fon­dé­ment cho­qué les fi­dèles. Il faut main­te­nant mettre de la clarté. Je ne crois pas qu’en France il y ait eu une vo­lonté glo­bale de ca­mou­fler, même s’il y a pu y avoir lo­ca­le­ment des stra­té­gies de ce genre.

Com­ment évi­ter les « plus ja­mais ça » sans len­de­main ?

De­puis la ren­contre des évêques avec les per­sonnes vic­times, à Lourdes, en no­vembre, nous avons fran­chi un seuil. Les évêques ont com­pris que ce pro­blème al­lait les oc­cu­per pen­dant long­temps, que ce n’est pas parce qu’ils vont prendre des me­sures que tout sera réglé, qu’il fau­dra qu’on en re­parle ré­gu­liè­re­ment, ne se­rait-ce que pour gar­der la mé­moire de ce qui s’est passé et de ce qui peut tou­jours ar­ri­ver.

Il faut que l’on en tire des le­çons pour la for­ma­tion des prêtres ; pas seule­ment au sé­mi­naire, mais éga­le­ment dans la for­ma­tion per­ma­nente, car les pro­blèmes viennent sou­vent après dans la re­la­tion concrète que l’on met en place.

Quand le pape Fran­çois a évo­qué l e « clé­ri­ca­lisme » à pro­pos des abus, les fi­dèles n’ont pas tou­jours com­pris le rap­port. En quoi une trop grande sa­cra­li­sa­tion du prêtre peut-elle être en cause ?

J’ai l’im­pres­sion de n’avoir ja­mais vécu cette sa­cra­li­sa­tion dans ma fa­mille ni par la suite. Mais j’ai dé­cou­vert un peu pan­tois que, même après le concile Va­ti­can II, per­du­raient cer­tains types de re­la­tion au­tour du prêtre qui pou­vait de­ve­nir un per­son­nage in­tou­chable. Pro­ba­ble­ment ai-je la chance d’avoir des sœurs qui m’ont tou­jours sur­veillé de près pour évi­ter que je prenne de mau­vaises ha­bi­tudes. Je consi­dère que les prêtres sont des hommes comme les autres, c’est-à-dire for­mi­dables, mais éga­le­ment avec des dé­fauts. J’ai tou­jours été étonné par une cer­taine mys­tique de l’ac­com­pa­gne­ment spi­ri­tuel. Per­son­nel­le­ment, je ne l’ai pas du tout vécu comme cela, en al­lant voir un prêtre chaque se­maine. Cer­tains prêtres or­ga­nisent sans doute les choses ainsi, mais ce sont aussi les fi­dèles qui construisent cela. Rien dans la théo­lo­gie ca­tho­lique n’im­pose le clé­ri­ca­lisme.

La si­tua­tion de l’Église ac­tuelle en France, avec des prêtres qu’on peine à re­nou­ve­ler, oblige le mi­nis­tère sa­cer­do­tal à se trans­for­mer. La fi­gure du curé du vil­lage qui est res­tée do­mi­nante jus­qu’à au­jour­d’hui va chan­ger. Dans ce cadre-là, la ré­vé­la­tion des abus nous oblige à re­voir un cer­tain nombre de fonc­tion­ne­ments et de tra­vailler plus pro­fon­dé­ment, avec moins de naï­veté, sur ce qu’est la re­la­tion pas­to­rale et ce qu’elle est dans l’in­ten­tion du Christ.

Com­ment mieux si­tuer l’au­to­rité des mi­nistres or­don­nés dans l’or­ga­ni­sa­tion et dans la vie de l’Église ?

Plus on com­prend ce que sont les pou­voirs spi­ri­tuels que le Christ donne aux prêtres – pro­cla­mer la Pa­role en son nom, par­don­ner les pé­chés, cé­lé­brer l’eu­cha­ris­tie –, moins on risque le clé­ri­ca­lisme. On fa­vo­rise le clé­ri­ca­lisme quand on prête aux clercs des ca­pa­ci­tés de pé­da­go­gie, d’or­ga­ni­sa­tion, de conduite d’équipes, qui ne sont ab­so­lu­ment pas don­nées dans l’or­di­na­tion. Il se trouve que cer­tains les ont par des dons na­tu­rels. D’autres non. Il faut cer­tai­ne­ment tra­vailler pour que les prêtres en ac­quièrent un mi­ni­mum, comme tout homme qui a une cer­taine res­pon­sa­bi­lité, mais il faut être plus lu­cide : ce que l’or­di­na­tion donne est beau­coup plus li­mité, mais beau­coup plus dé­ci­sif.

On entend beaucoup l’expression « réparer l’Église ». Qu’en pensez-vous ?

J’avoue que je ne suis pas sûr d’être très à l’aise avec celle-ci. Quand on ré­pare une mai­son ou une voi­ture, on la remet dans l’état an­té­rieur. Ce n’est pas ce qu’en­vi­sagent les pro­mo­teurs de cette for­mule… Il faut prendre la me­sure réelle du phé­no­mène qui est de toute façon beau­coup trop im­por­tante pour que tout soit ré­paré. La com­mis­sion Sauvé (2) va nous y aider.

La « PMA sans père » sera pré­sen­tée au Par­le­ment en sep­tembre. Êtes-vous in­quiet ?

Nous sommes au­jour­d’hui face à une évo­lu­tion so­ciale à la­quelle nos so­cié­tés ont du mal à ré­sis­ter. Nous avons des moyens tech­niques consi­dé­rables et nous ne pou­vons pas nous em­pê­cher de les uti­li­ser. On nous pro­met que nous n’ar­ri­ve­rons pas à la GPA. Je vous as­sure que nous n’y ré­sis­te­rons pas ! C’est un pro­ces­sus ir­ré­sis­tible. Les po­li­tiques sont im­puis­sants et ne peuvent pas contra­rier la sa­tis­fac­tion des dé­sirs et des at­tentes que sus­citent toutes ces nou­velles ca­pa­ci­tés tech­niques.

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On nous pro­met que nous n’ar­ri­ve­rons pas à la GPA. Je vous as­sure que nous n’y ré­sis­te­rons pas ! C’est un pro­ces­sus ir­ré­sis­tible. »

Com­ment les chré­tiens peuvent-ils se po­si­tionner ?

Nous, chré­tiens, avons la chance de pou­voir com­prendre ce qui est en jeu dans le fait d’en­gen­drer. Nous com­pre­nons pour­quoi le lieu digne de l’émer­gence d’une vie hu­maine est l’étreinte d’un homme et d’une femme qui se donnent l’un à l’autre.

Il faut être conscient de la souf­france des couples qui n’ar­rivent pas à avoir d’en­fant, mais aussi de celle des hommes et des femmes ho­mo­sexuelles qui ne peuvent pas en avoir. C’est dans notre foi que nous de­vons les sou­te­nir. Il faut les aider à trou­ver d’autres modes de fé­con­dité tout en étant conscients de leur dou­leur. Nous de­vons aussi mener une ré­flexion sur ces ques­tions : au fond, pour­quoi vou­lons-nous avoir des en­fants ? Que si­gni­fie pour notre so­ciété le fait de s’en­ga­ger dans des pro­ces­sus coû­teux et com­pli­qués de pro­duc­tion d’en­fants ? Quelles res­pon­sa­bi­li­tés pre­nons-nous quand nous fai­sons sor­tir la pro­créa­tion de l’étreinte de l’homme et de la femme ? Ce pro­ces­sus en­gen­drera for­cé­ment du tri ou bien la vo­lonté d’avoir un « pro­duit » fini par­fait.

Le mes­sage chré­tien est-il de­venu in­au­dible ?

Il est in­au­dible pour le lé­gis­la­teur, mais cela ne doit pas nous exo­né­rer de le por­ter in­las­sa­ble­ment quoi qu’il ar­rive. Il faut que nos ma­nières de vivre et d’al­ler ren­con­trer les autres ap­pa­raissent comme une es­pé­rance. Ce qui semble être aux yeux du monde une ré­sis­tance ri­di­cule et ar­chaïque doit de­ve­nir une es­pé­rance. Le drame d’au­jour­d’hui, c’est que beau­coup d’hommes et de femmes ne se sentent pas ca­pables d’être à la hau­teur de ce qu’ils ima­ginent être la vie chré­tienne. Or, le Christ est jus­te­ment venu pour nous rendre ca­pables mal­gré nos pau­vre­tés et nos fai­blesses. Si beau­coup de gens ne se ma­rient plus, ce n’est pas parce qu’ils ne s’aiment pas. C’est parce qu’ils sont per­sua­dés qu’ils n’ar­ri­ve­ront pas à vivre le ma­riage chré­tien. Notre plus grand en­nemi est la déses­pé­rance la­tente qu’il y a dans notre so­ciété.

Nous sommes té­moins d’un four­mille­ment d’ini­tia­tives mis­sion­naires lo­cales. À quand une vi­sion glo­bale de la mis­sion en France ?

Mais c’est bien dans le four­mille­ment local que fonc­tionne l’Es­prit Saint ! Je ne crois pas du tout que la CEF [Confé­rence des évêques de France, Ndlr] soit des­ti­née à être la tête de pont d’une grande or­ga­ni­sa­tion avec une pla­ni­fi­ca­tion et des courbes que son pré­sident sui­vrait de­puis son bu­reau. L’Es­prit Saint sus­cite des ini­tia­tives lo­cales de­puis les pre­miers temps du chris­tia­nisme. Per­sonne n’a pla­ni­fié une sainte Thé­rèse de l’En­fant-Jé­sus ou bien le Re­nou­veau cha­ris­ma­tique.

Il est bon que des évêques aient de bonnes idées, mais il faut ad­mettre que les bonnes idées sont ra­re­ment nées dans les bu­reaux épis­co­paux… En re­vanche, le rôle de la CEF est d’en­cou­ra­ger à ce qu’il y ait de l’es­time mu­tuelle entre toutes les ini­tia­tives et que per­sonne ne pré­tende à avoir le mo­no­pole du « bon mis­sion­naire chré­tien ».

Dans ce contexte de chute de la pra­tique re­li­gieuse, quel doit être le rôle de l’évêque ?

La pre­mière mis­sion de l’évêque est l’an­nonce de l’Évan­gile. Or, nous pas­sons l’es­sen­tiel de notre temps à confor­ter le peuple des fi­dèles. Dieu ne nous donne plus les moyens de main­te­nir ce sys­tème. Nous de­vons être des por­teurs de la Bonne Nou­velle. C’est la prio­rité. Vient en­suite le sou­tien au peuple chré­tien et aux com­mu­nau­tés qui doivent pou­voir se dé­brouiller sans avoir sans cesse re­cours à l’évêque.

Un jeune pré­sident pour la CEF

Ce sa­medi 29 juin, Mgr Éric de Mou­lins-Beau­fort re­çoit à Rome le pal­lium béni par le pape. Cette pe­tite écharpe de laine mar­quée de croix noires est le sym­bole de sa nou­velle fonc­tion d’ar­che­vêque de Reims, dio­cèse où il a été nommé en août 2018.

Or­donné prêtre en 1991, il fut pro­fes­seur de sé­mi­naire, au­mô­nier de grands ly­cées pa­ri­siens, curé de pa­roisse et se­cré­taire par­ti­cu­lier de l’ar­che­vêque de Paris, le car­di­nal André Vingt-Trois. De 2008 à 2018, il fut évêque auxi­liaire et vi­caire gé­né­ral de l’ar­chi­dio­cèse de Paris. Le 3 avril, le jeune ar­che­vêque de 57 ans a été élu par ses pairs pré­sident de la Confé­rence des évêques de France (CEF), pour un pre­mier man­dat de trois ans.

Erwan de Bot­mi­liau

Sa­muel Pru­vot, Hugues Le­fèvre et Clo­tilde Hamon

(1) Mgr de Mou­lins-Beau­fort a suivi des dos­siers d’abus sexuels pour le dio­cèse de Paris et a été chargé d’éla­bo­rer de nou­velles pistes d’ac­tions par les évêques en 2017.

(2) Lan­cée en no­vembre 2018, la com­mis­sion Sauvé est char­gée d’en­quê­ter sur les abus sexuels dans l’Église. Elle est pré­si­dée par Jean-Marc Sauvé.

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Saint Sacrement

«Que signifie le mot hostie ? Pourquoi appelle-t-on ainsi le pain de la messe ? » Le mot hostie vient du latin hostia qui signifie « victime » mais de façon sémantique il est de la même famille étymologique que hospes (« l’hôte ») et hostis (« l’étranger »). Le mot hospes veut dire « hôte » dans sa double signification : celui qui est reçu et celui qui reçoit. Cela convient tout à fait à Jésus présent dans l’hostie consacrée. Je L’accueille en moi comme un hôte exceptionnel : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri », mais en même temps, c’est lui qui m’accueille dans son corps qu’est l’Église en me faisant participer autant à la communion avec lui qu’avec tous mes frères et sœurs.

Mais dans le mot hostie, il y a aussi le lien étymologique de hostis, à la racine du mot « hostilité », car l’hôte est souvent un étranger qui fait peur. C’est donc une harmonique supplémentaire qu’il nous faut contempler. Par l’Eucharistie, nous sommes invités selon les mots du pape François à « passer de l’hostilité à l’hospitalité ». Dans le miracle de l’Eucharistie, c’est non seulement le pain et le vin qui deviennent, par la puissance du Saint Esprit, Corps et Sang du Christ, mais plus encore, c’est l’hostilité de notre cœur qui«peut se transformer en hospitalité, notre agressivité en bienveillance et notre violence en douceur.

Pour ce faire, le croyant est invité à la suite de Jésus à consentir à devenir lui-même hostie vivante, victime obligée de l’Amour inconditionnel.

Ce n’est pas le chemin de communion qui est difficile, c’est la difficulté à faire communion avec soi-même, avec les autres, et avec Dieu qui est un Chemin.

Au cours de son arrestation, Jésus va déclencher malgré lui l’hostilité de la foule et la fugue de ses apôtres. Le triduum sera consacré à nous aider à revivre ce passage de l’hostilité à l’hospitalité, en accueillant en nous la Parole de Jésus qui ne cesse de nous interroger en ce jeudi saint :

« Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ? »

« Tu as ouvert devant moi un passage », Gilles Rebêche).

La Sagesse ?


« Que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire,
vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle
et vous le fasse vraiment connaître. »
Ephésiens 1, 17

  • Qu’est-ce que le don de sagesse ?  


Le don de sagesse est le sommet des dons de l’Esprit Saint et il est en quelque sorte une faveur accordée à l’âme qui s’est déjà livrée à l’action des autres dons de l’Esprit. Il complète le don d’intelligence qui nous donne déjà de goûter un peu les choses de Dieu. La sagesse est comme un embrasement d’amour sous l’effet de l’Esprit-Saint, qui nous unit au Christ et nous donne la saveur de Dieu et de ce qui est de Dieu. La particularité de ce don est de vivifier l’âme, de fortifier ses facultés et de faire grandir la personne dans la liberté intérieure.

  • Le mot du Pape François


 » Dans la relation intime que nous avons avec Dieu, […] lorsque nous sommes en communion avec le Seigneur, l’Esprit agit comme s’il transfigurait notre cœur et lui faisait percevoir toute sa chaleur et son amour de prédilection. « 

« Le don [de sagesse] est fait à ceux qui se rendent dociles à son Esprit. […] L’homme sage a le goût de Dieu. « 

  • Prions


Seigneur Esprit-Saint, au jour de la Pentecôte, répands sur moi le don de la sagesse !

Que mon intimité avec Dieu me donne toujours plus le désir d’être uni à Lui

et de me laisser transfigurer par Sa Sagesse éternelle.

Que je puisse être pour mes frères un témoin de Jésus ressuscité, vivant en moi.

Amen.

L’Intelligence ?

« Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : Notre coeur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’Il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Ecritures ? »

Mt 24, 31-32

  • Qu’est-ce que le don d’intelligence ?  


Le don de l’intelligence est une lumière donnée par l’Esprit-Saint à notre âme, qui lui permet d’entrevoir un peu plus le mystère de la vie de Dieu et son dessein d’amour sur nous. Il nous fait recevoir de manière renouvelée la Parole de Dieu, la liturgie, les sacrements et nous fait relire notre propre histoire avec le regard de Dieu.

  • Le mot du Pape François


« Le don de l’intelligence est étroitement lié à la foi. [Il nous permet à tous de] comprendre les choses telles que Dieu les comprend, d’entrer dans l’intelligence de Dieu et dans son dessein d’amour pour nous. « 

 » Avec ce don de l’Esprit-Saint, nous pouvons comprendre la profondeur des paroles de Dieu. […] Il nous ouvre l’esprit pour que nous comprenions mieux les choses de Dieu. « 

  • Prions


Seigneur Esprit-Saint, au jour de la Pentecôte, répands sur moi le don de l’intelligence !

Comme pour les disciples d’Emmaüs, ouvre mon cœur à l’intelligence des Ecritures.

Aide-moi à accueillir Jésus ressuscité qui me visite dans mon histoire.
Transforme ma vie par les sacrements.

Renouvelle mon amour pour toute l’Eglise.

Amen.