Saint Sacrement

«Que signifie le mot hostie ? Pourquoi appelle-t-on ainsi le pain de la messe ? » Le mot hostie vient du latin hostia qui signifie « victime » mais de façon sémantique il est de la même famille étymologique que hospes (« l’hôte ») et hostis (« l’étranger »). Le mot hospes veut dire « hôte » dans sa double signification : celui qui est reçu et celui qui reçoit. Cela convient tout à fait à Jésus présent dans l’hostie consacrée. Je L’accueille en moi comme un hôte exceptionnel : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri », mais en même temps, c’est lui qui m’accueille dans son corps qu’est l’Église en me faisant participer autant à la communion avec lui qu’avec tous mes frères et sœurs.

Mais dans le mot hostie, il y a aussi le lien étymologique de hostis, à la racine du mot « hostilité », car l’hôte est souvent un étranger qui fait peur. C’est donc une harmonique supplémentaire qu’il nous faut contempler. Par l’Eucharistie, nous sommes invités selon les mots du pape François à « passer de l’hostilité à l’hospitalité ». Dans le miracle de l’Eucharistie, c’est non seulement le pain et le vin qui deviennent, par la puissance du Saint Esprit, Corps et Sang du Christ, mais plus encore, c’est l’hostilité de notre cœur qui«peut se transformer en hospitalité, notre agressivité en bienveillance et notre violence en douceur.

Pour ce faire, le croyant est invité à la suite de Jésus à consentir à devenir lui-même hostie vivante, victime obligée de l’Amour inconditionnel.

Ce n’est pas le chemin de communion qui est difficile, c’est la difficulté à faire communion avec soi-même, avec les autres, et avec Dieu qui est un Chemin.

Au cours de son arrestation, Jésus va déclencher malgré lui l’hostilité de la foule et la fugue de ses apôtres. Le triduum sera consacré à nous aider à revivre ce passage de l’hostilité à l’hospitalité, en accueillant en nous la Parole de Jésus qui ne cesse de nous interroger en ce jeudi saint :

« Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ? »

« Tu as ouvert devant moi un passage », Gilles Rebêche).