Communiquer

Quelle est l’originalité de la vision chrétienne sur la communication ?

Père Christophe Levalois

Prêtre orthodoxe à Paris (paroisse Saint-Séraphin de Sarov dans le 15ème), écrivain, enseignant, rédacteur en chef du site Orthodoxie.com

Le christianisme est une tradition de la communication : il développe une vision de la communication juste et pleinement efficace, c’est-à-dire qui ne se réalise pas au sens superficiel et caricatural de la « com’ », mais dans le sens d’une communication vraie qui touche les profondeurs de l’être.

1. Communication et communion sont liées : ces deux mots ont la même étymologie, qui est mettre en commun, et il faut retrouver cela. La communication qui met en œuvre la relation n’est pas quelque chose de superficiel : l’homme est créateur du monde dans lequel il vit, et c’est par sa communication qu’il a vocation à créer la communion entre les hommes et qu’il peut se mettre au service de ce qui est beau, bon et vrai. En savoir +

2. La communication est une mise en œuvre de la relation à l’autre, qui est essentiellement une relation de personne à personne. Il s’agit de « prendre soin de l’autre », d’être responsable de l’autre, de se mettre à son service. « Aime ton prochain comme toi-même » veut dire aimer son prochain comme on s’aime soi-même et lui accorder autant d’importance qu’à soi-même, mais cela suppose que l’on s’accorde également de l’importance : « Ne te dévalorise pas, ne te détruis pas intérieurement, espère en toi malgré tout ». « Aime ton prochain et toi-même ». En savoir +

3. L’autre est aidé, sauvé ou bien affecté, blessé et même détruit par la communication. La bonne communication fait grandir l’autre en humanité, fait croître les richesses qu’il porte en lui, et les lui fait même découvrir, car souvent il ne les connaît pas. Mais la communication doit pour cela être authentique, vraie, respectueuse des autres et de soi-même. En savoir +

4. La Bible est une histoire de communication établie, rompue, restaurée, jusqu’à l’Incarnation qui est une rencontre profonde avec Dieu qui s’approche de nous et nous parle, nous rejoint et entre en relation plénière avec nous : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie » (1 Jean 1,1) En savoir +

5. Le Christ, communicateur et médiateur par excellence, restaure la communication véritable : c’est lui qui met en relation Dieu et les hommes, la terre et le ciel, les hommes entre eux, les hommes et la création. Il est au centre de tout : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Matthieu 18,20). En savoir +

Formation Chrétienne

Les MOOC des Bernardins – Connaître Jésus-Christ avec l’Église antique

Rendez-vous sur www.sinod.fr à partir du lundi 30 septembre 2019 pour suivre la première séance de notre cours en ligne, aux côtés des 8 000 participants du monde entier inscrits à ce jour ! SINOD est la plateforme de « MOOC » proposée par l’Ecole Cathédrale, pôle formation du Collège des Bernardins. Un MOOC (Massive Open Online Courses) est un cours en ligne gratuit, ouvert à tous et proposé sur une période donnée.

30 SEPTEMBRE AU 15 DÉCEMBRE

Connaître Jésus-Christ avec l’Église antique

Les quatre premiers conciles œcuméniques. Jésus est-il Dieu ? L’Esprit est-il Dieu ? Si Jésus est Dieu, comment est-il également homme sans être divisé ? Ces questions, l’Église antique y a été confrontée et y a apporté des réponses décisives pour la doctrine chrétienne. Ce MOOC présentera la manière dont elles se sont posées et les réponses qui ont émergé des quatre premiers conciles de l’Église indivise.

Durant ces semaines nous étudierons principalement les quatre premiers conciles œcuméniques. Deux semaines seront consacrées à chaque concile durant lesquelles nous découvrirons les circonstances des convocations des conciles, les questions ayant provoqué le concile, les décisions prises durant ces réunions, et quelles furent les conséquences de ces conciles pour l’unité de l’Église. Pour poursuivre la réflexion, nous évoquerons enfin les 5ème, 6ème et 7ème conciles œcuméniques. Ce cours aura deux dimensions liées : une historique et une théologique.

Venez découvrir en ligne tout le programme de ces 11 semaines de cours, en ligne, gratuite !

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Les précédents cours de Sinod

Dix regards d’espérance sur le monde d’aujourd’hui – voir plus

La porte de la foi – voir plus

De l’Ancien au Nouveau Testament (deux éditions) – voir plus

Qui est l’Homme ? – voir plus

Les Sacrements (deux éditions) : le Christ vivant et agissant dans son Eglise – voir plus

Jésus l’incomparable – voir plus

Une histoire biblique des origines – Dieu a-t-il raté sa création ? – voir plus

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Plus d’infos dans le dépliant SINOD 2018/2019

BIOÉTHIQUES ce soir

LOIS BIOÉTHIQUES 2019 : AVEC LA CONFÉRENCE des ÉVÊQUES de FRANCE


Vous pourrez ce soir suivre ce soir, lundi
16 SEPTEMBRE 2019 à 18h30 l’évènement sur http://www.ktotv.com/ 

A l’approche des débats parlementaires sur la loi de révision des lois bioéthiques, la Conférence des évêques de France livrera ses positions lors d’un événement au Collège des Bernardins (Paris) le lundi 16 septembre à 18h30.

Avec :

  • Mgr Eric de Moulins-Beaufort, Archevêque de Reims, Président de la Conférence des évêques de France 
  • Mgr Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes, Responsable du groupe de travail « Bioéthique » de la CEF
  • Mgr Michel Aupetit, Archevêque de Paris
  • Et d’autres invités : experts et témoins

Marcher

« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite

ne peut pas être mon disciple. » Lc 14, 27

Dans l’évangile, il arrive à Jésus d’avoir des paroles exhortatives un peu fortes et saisissantes. Et si nous n’y prenons pas garde, nous pourrions risquer

de nous laisser surprendre par son ton parfois vif pour avertir des conditions préalables à l’accession au Royaume des Cieux. Car enfin, voilà bien ce qu’il est venu inaugurer en Sa personne, le Règne de Dieu Son Père, pour tout homme de bonne volonté (cf. le chant des anges aux bergers à la Nativité). Ce dimanche peut être pour notre foi l’occasion d’un test magistral pour savoir si nous sommes de bonne volonté précisément, pour savoir si notre style de vie correspond bien à ce qu’a proposé Jésus par ses paroles et en ses actes. Ne cherchons pas à ruser avec le coeur, à nous seuls, nous ne serons jamais assez prêts pour la suite de Jésus, c’est plutôt une conversion progressive dont il s’agit, une adaptation continue de nos facultés humaines par la vertu à la proposition divine d’être relevé qui se déroule en notre âme. Une oeuvre miséricordieuse de l’Esprit.

Porter sa croix, ne préférer personne d’autre que Lui et renoncer à toute possession matérielle, voilà en quoi consiste la discipline intime que Jésus veut personnellement distiller en chacun et plutôt que de faire comme les pharisiens ou certains de Ses disciples qui s’offusquent, se vexent parce que la condition de la vie avec Dieu tout d’un coup paraît inaccessible, nous sommes plutôt invités à considérer la miséricorde avec laquelle Dieu est venu nous en faire part ! Le Salut, la transcendance est l’histoire de l’homme qui consent en renoncer à son propre égo pour laisser Dieu redevenir le protagoniste naturel de sa vie. L’Ancien Testament ne fait que nous raconter cette lutte incessante du peuple d’Israël pour se laisser aimer par Dieu mais parfois au prix de bien des échecs : l’orgueil, la prétention, la duperie, l’idolâtrie. Ici, Jésus ne nous dit rien de neuf mais parce qu’il est le Christ, nous pouvons regarder avec confiance Sa vie comme un chemin probant pour guérir de la méfiance et de l’infidélité à la Parole. Et parce qu’Il est mort sur la Croix et qu’il n’a Lui-même rien préféré au chemin de Paix que désirait en Lui le Père, nous savons désormais que ces conditions d’accès

au Royaume n’étaient certes pas des messages en l’air mais ce qui façonnait Son coeur de Pasteur en mission, le sens qu’il donnait perpétuellement à Sa vie. Et enfin, l’événement qui prouve à notre intelligence que le chemin qu’il nous prescrit dans l’évangile de ce dimanche est bien le bon est Sa victoire sur la mort et péché, Sa résurrection.

Prenons le temps en ce début d’année d’examiner nos vies afin de voir comment elles témoignent, à leur manière, d’un profond désir d’entrer dans le règne de Dieu. Des vies unifiées par la compagnie du Christ et la Mission.

Très bonne rentrée à vous que je rejoins pour un an dans les paroisses du Petit-Clamart et du Plessis. Puissions-nous nous aider les uns les autres à entendre les appels pressants de Dieu, à témoigner de son Règne de justice et de paix par une existence semblable à celle de son Fils bien-aimé.

P. Jean-Baptiste Perche +, vicaire

Humilité

Ôtez-moi donc, ô mon Dieu, cet esprit d’orgueil qui est si fort enraciné dans mon cœur et qui y trouve pourtant si peu de fondement. Si Vous ne pouvez m’ôter mon orgueil qu’en m’ôtant ce qui peut l’entretenir ou l’augmenter, je veux dire mes talents, mes emplois, les succès, la réputation et tout ce qui peut me l’attirer ; ah ! Seigneur, je consens que Vous m’en priviez, pourvu qu’en même temps Vous me donniez l’humilité. Je gagnerai beaucoup en perdant tout le reste, puisque par-là, j’acquérerai un trésor inestimable qui renferme tant de biens ; car enfin, Seigneur, si je suis humble, je suis sûr que j’aurai le bonheur de Vous plaire, et si je Vous plais, ne dois-je pas espérer de recevoir de Vous toutes les plus grandes Grâces que Vous ne refusez jamais aux humbles ? 

Ainsi soit-il. 

Père François Nepveu (1639-1708), Prêtre de la Compagnie de Jésus qui fut professeur de philosophie dans plusieurs collèges des Jésuites à Blois, La Flèche, Tours et Paris, Recteur du Collège de Rennes et Supérieur de la résidence de Nantes où il institua une « Association de l’Amour de notre Seigneur Jésus-Christ » pour faire des œuvres de piété et de charité.