Prier

À Lourdes dans La Chapelle de la cité saint Pierre de Jean Rodhain …

avec Saint Augustin :

LETTRE DE SAINT AUGUSTIN À PROBA SUR LA PRIÈRE

« Prier sans cesse »

Désirons toujours la vie bienheureuse auprès du Seigneur Dieu, et prions toujours. Mais les soucis étrangers et les affaires affaiblissent jusqu’au désir de prier ; c’est pourquoi, à heures fixes, nous les écartons pour ramener notre esprit à l’affaire de l’oraison. Les mots de la prière nous rappellent au but de notre désir, de peur que l’attiédissement n’aboutisse à la froideur et à l’extinction totale, si la flamme n’est pas ranimée assez fréquemment.

C’est pourquoi, lorsque l’Apôtre dit : Faites connaître vos demandes auprès de Dieu, on ne doit pas l’entendre en ce sens qu’on les fait connaître à Dieu, car il les connaissait avant même qu’elles existent ; mais qu’elles doivent demeurer connues de nous auprès de Dieu par la patience, et non auprès des hommes par l’indiscrétion. ~

Cela étant, il n’est pas défendu ni inutile de prier longtemps, lorsqu’on en a le loisir, c’est-à-dire lorsque cela n’empêche pas d’autres occupations bonnes et nécessaires, bien que, en accomplissant celles-ci, on doive toujours prier, comme je l’ai dit, par le désir. Car si l’on prie un peu longtemps, ce n’est pas, comme certains le pensent, une prière de bavardage. Parler abondamment est une chose, aimer longuement en est une autre. Car il est écrit du Seigneur lui-même qu’il passa la nuit en prière et qu’il priait avec plus d’insistance : faisait-il alors autre chose que nous donner l’exemple en priant dans le temps au moment voulu, lui qui, avec le Père, exauce dans l’éternité ?  

On dit que les moines d’Égypte ont des prières fréquentes, mais très courtes et comme lancées à la dérobée, pour éviter que se détende et se dissipe, en se prolongeant trop, cette attention vigilante et soutenue si nécessaire à l’homme qui prie. Ils montrent par là que l’on ne doit pas accabler cette attention, quand elle ne peut se maintenir; mais de même, si elle se maintient, il ne faut pas l’interrompre trop tôt.

La prière ne doit pas comporter beaucoup de paroles, mais beaucoup de supplication, si elle persiste dans une fervente attention. Car beaucoup parler lorsqu’on prie, c’est traiter une affaire indispensable avec des paroles superflues. Beaucoup prier, c’est frapper à la porte de celui que nous prions par l’activité insistante et religieuse du cœur. Le plus souvent, cette affaire avance par les gémissements plus que par les discours, par les larmes plus que par les phrases. Dieu met nos larmes devant lui et notre gémissement n’échappe pas à Celui qui a tout créé par sa Parole et qui ne recherche pas les paroles humaines.

Ce soir, un acte missionnaire original : le Leg

17h30 à la crypte de Sainte Magdeleine

20h à Saint François de Sales

Riches ou pauvres, prenons le temps d’y réfléchir

Pour que jamais nos valeurs ne s’éteignent

Choisir le legs pour aider l’Église Catholique des Hauts-de-Seine
En rédigeant un testament, le donateur permet que ses biens continuent son œuvre.
En confiant ses biens à l’Église, il lui permet de poursuivre son œuvre de charité, d’éducation et d’évangélisation.
N’est-ce pas donner de soi-même et prolonger ce qu’on a commencé sur terre ?
N’est-ce pas laisser un message fort a ? sa famille, en affirmant sa foi et sa responsabilité de baptisé.

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Ce sont donc 66% des locaux cultuels dont l’entretien, la rénovation ou la réhabilitation incombent totalement à l’association diocésaine.

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John Henry Newman

John Henry Newman, grande figure spirituelle des temps modernes
© Wikimédia Commons – John Henry Newman par Sir John Everett Millais (1881)

Ecouter l’émission sur RCF avec : https://rcf.fr/spiritualite/john-henry-newman-grande-figure-spirituelle-des-temps-modernes

Brillant intellectuel, pasteur de l’Église anglicane, John Henry Newman se « convertit » au catholicisme en 1845. Il est une des grandes figures spirituelles des temps modernes.

Qu’est-ce qui fait de lui un saint ? John Henry Newman, le pasteur anglican devenu cardinal de l’Église catholique, est canonisé le 13 octobre par le pape François. « Il a vécu tout au long de sa vie à partir de l’âge de 15 ans avec le sentiment de la présence de Dieu au plus intime de lui-même », explique Keith Beaumont, grand connaisseur du cardinal Newman et auteur de « Prier 15 jours avec le cardinal Newman » (éd. Nouvelle Cité).

L’Église des premiers siècles est pour lui « la référence absolue »

« OÙ EST LA VÉRITABLE ÉGLISE ? »

Newman a connu une période où la doctrine de l’Église anglicane était déterminée par l’État.« Très tôt il se lance corps et âme dans un vaste mouvement de renouveau théologique et spirituel de l’anglicanisme », connu sou le nom de mouvement d’Oxford. Il veut inciter son Église « à retrouver ses racines catholiques » et une continuité avec l’Église des apôtres.

Sa rencontre avec les Pères de l’Eglise sera décisive pour Newman, « elle transforme radicalement sa conception de la vie chrétienne, il retrouve toute une richesse que l’Église d’Angleterre avait plus ou moins perdue à l’époque ». « Ceux que nous appelons aujourd’hui les anglicans à l’époque s’appelaient tous protestants et ils avaient perdu toute cette richesse spirituelle des premiers siècles de l’Église, des Pères de l’Église et puis du Moyen Âge. » 
 

SA PREMIÈRE CONVERSION

Né à Londres « dans une famille anglicane de tradition mais sans ferveur religieuse particulière », John Henry Newman (1801-1890) est imprégné de la Bible dès son plus jeune âge. À 15 ans, il vit ce qu’il appellera sa première conversion« Il parle de la découverte de deux êtres, et deux êtres seulement, dont l’existence est absolue et s’impose avec une évidence lumineuse, moi-même et mon créateur. Et c’est ça qui va déterminer le cours de sa vie. »

Très brillant élève, il n’a que 16 ans quand il est inscrit à l’université d’Oxford – alors le principal centre de formation du clergé. À 21 ans, il est nommé fellow, c’est-à-dire enseignant chercheur, d’Oriel College, le plus renommé des college d’Oxford. Devenu pasteur à 24 ans, il est le curé de la paroisse universitaire d’Oxford. « Il est le prédicateur le plus connu, le plus écouté et le plus lu de toute l’Angleterre car il commence à publier ses sermons. » 
 

NEWMAN CATHOLIQUE

À partir de 1839, Newman doute de plus en plus de la fidélité de l’Église anglicane à celle des premiers siècles, qui est pour lui « la référence absolue ». « Il est hanté par la question : où est la véritable Église ? » Et vit « six années de doutes, d’angoisses, de questionnements avant de franchir le pas ». Mais sa « conversion », il faut la mettre entre guillemets car pour Newman elle n’est pas vécue comme un rejet, ni un reniement, ni une rupture, mais comme « un accomplissement« .

Sur le plan personnel, en revanche, « la rupture est énorme, ses amis le quittent, il est mis au ban de la société » et sa « conversion » est « vécue par les protestants comme une trahison, c’est un véritable scandale ! » Du côté des catholiques, on ne sait trop que faire de lui car « sa pensée est parfois en décalage avec l’étroitesse de la pensée de l’époque », selon Keith Beaumont. En 1859, son article sur le rôle des laïcs lui vaut d’être dénoncé à Rome pour hérésie : après cela, pendant plusieurs années il sera l’objet de suspicions de la part des catholiques.

En 1864, il est accusé de mensonge et de duplicité par un romancier populaire et pasteur anglican, Charles Kingsley. En réponse, Newman écrit en deux mois son « Apologia Pro Vita Sua » (revisité en 1865 sous le titre « Histoire de mes opinions religieuses »). Un récit où il revient sur son parcours et montre la cohérence de son cheminement spirituel. « C’est un succès de librairie extraordinaire, du jour au lendemain Newman est réhabilité dans l’opinion publique anglaise ». Reconnaissance suprême, en 1879, il est créé cardinal par le pape Léon XIII, à 78 ans. « Vers la fin de sa vie, c’est une figure nationale, même un héros national. Cette élévation au cardinalat est vécue par l’immense majorité des Anglais comme une occasion de fierté nationale qui dépasse de très très loin la communauté catholique. »

Adorer Dieu ou des formules dogmatiques?

Audience du pape :  « Saul », quand la foi devient idéologie (traduction complète)

Les Actes des apôtres décrivent Saul comme « un idéologue », qui « absolutise son identité politique ou religieuse et réduit l’autre à un ennemi potentiel à combattre », a expliqué le pape François. Chez Saul, a-t-il commenté, « la religion s’était transformée en idéologie : idéologie religieuse, idéologie sociale, idéologie politique ».

Le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les Actes des apôtres lors de l’audience générale de ce mercredi 9 octobre 2019, Place Saint-Pierre, au Vatican, en présence de nombreux visiteurs venus d’Italie et du monde entier. Il a médité sur le récit de la conversion de saint Paul, au chapitre 9 des Actes.

De même que « Saul », en persécutant les chrétiens, persécutait « le Seigneur », a fait observer le pape, « ceux qui sont des idéologues parce qu’ils veulent la “pureté”, entre guillemets, de l’Église, frappent aussi le Christ ».

Le pape a invité chacun à s’interroger : « comment est-ce que je vis ma vie de foi ? Vais-je à la rencontre des autres ou bien suis-je contre les autres ? Est-ce que j’appartiens à l’Église universelle (les bons et les mauvais, tout le monde) ou ai-je une idéologie sélective ? Est-ce que j’adore Dieu ou est-ce que j’adore les formules dogmatiques ? Comment est ma vie religieuse ? La foi en Dieu que je professe me rend-elle amicale ou hostile envers celui qui est différent de moi ? »

Catéchèse prononcée par le pape François en italien 

Chers frères et soeurs, bonjour !

À partir de l’épisode de la lapidation d’Étienne, une figure apparaît qui, à côté de celle de Pierre, est la plus présente et la plus incisive dans les Actes des apôtres : celle d’ « un jeune homme appelé Saul » (Ac 7,58). Au début, il est décrit comme quelqu’un qui approuve la mort d’Étienne et qui veut détruire l’Église (cf. Ac 8,3) ; mais ensuite, il deviendra l’instrument choisi par Dieu pour annoncer l’Évangile aux nations (cf. Ac 9,15 ; 22,21 ; 26,17).

Avec l’autorisation du grand prêtre, Saul pourchasse les chrétiens et les capture. Vous, qui venez de certains pays qui ont été persécutés par les dictatures, vous comprenez bien ce que signifie pourchasser les gens et les capturer. C’est ce que faisait Saul. Et il fait cela en pensant servir la Loi du Seigneur. Luc dit que Saul « était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur » (Ac 9,1) : il y a en lui un souffle qui a un goût de mort, pas de vie.

Le jeune Saul est décrit comme un intransigeant, c’est-à-dire quelqu’un qui manifeste de l’intolérance envers ceux qui pensent différemment de lui, il « absolutise » son identité politique ou religieuse et réduit l’autre à un ennemi potentiel à combattre. Un idéologue. Chez Saul, la religion s’était transformée en idéologie : idéologie religieuse, idéologie sociale, idéologie politique. C’est seulement après qu’il a été transformé par le Christ qu’il enseignera que la véritable bataille n’est pas « contre des êtres de sang et de chair, mais contre contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres […], les esprits du mal » (Ép 6,12). Il enseignera qu’il ne faut pas combattre les personnes, mais le mal qui inspire leurs actions.

L’état de rage – parce que Saul était enragé – et conflictuel de Saul invite chacun à s’interroger : comment est-ce que je vis ma vie de foi ? Vais-je à la rencontre des autres ou bien suis-je contre les autres ? Est-ce que j’appartiens à l’Église universelle (les bons et les mauvais, tout le monde) ou ai-je une idéologie sélective ? Est-ce que j’adore Dieu ou est-ce que j’adore les formules dogmatiques ? Comment est ma vie religieuse ? La foi en Dieu que je professe me rend-elle amicale ou hostile envers celui qui est différent de moi ?

Luc raconte que, pendant que Saul est tout absorbé à éradiquer la communauté chrétienne, le Seigneur est sur ses traces pour toucher son coeur et le convertir à lui. C’est la méthode du Seigneur : il touche le coeur. Le Ressuscité prend l’initiative et se manifeste à Saul sur le chemin de Damas, un événement qui est raconté trois fois dans le livre des Actes (cf. Ac 9,3-19 ; 22,3-21 ; 26,4-23).

À travers le binôme « lumière » et « voix », typique des théophanies, le Ressuscité apparaît à Saul et lui demande des comptes sur sa fureur fratricide : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9,4). Ici, le Ressuscité manifeste qu’il ne fait qu’un avec ceux qui croient en lui : frapper un membre de l’Église, c’est frapper le Christ lui-même ! Ceux qui sont des idéologues parce qu’ils veulent la « pureté », entre guillemets, de l’Église, frappent aussi le Christ.

La voix de Jésus dit à Saul : « Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire » (Ac 9,6). Mais une fois debout, Saul ne voit plus rien, il est devenu aveugle, et de l’homme fort, influent et indépendant qu’il était, il se trouve faible, démuni et dépendant des autres, parce qu’il ne voit pas. La lumière du Christ l’a ébloui et rendu aveugle : « Apparaît ainsi à l’extérieur ce qui était sa réalité intérieure, son aveuglement à l’égard de la vérité, de la lumière qu’est le Christ » (Benoît XVI, Audience générale, 3 septembre 2008).

De ce « corps à corps » entre Saul et le Ressuscité, commence une transformation qui montre la « pâque personnelle » de Saul, son passage de la mort à la vie : ce qui auparavant était sa gloire devient « des ordures » à rejeter pour acquérir le véritable avantage qu’est le Christ et la vie en lui (cf. Ph 3,7-8).

Paul reçoit le baptême. Le baptême marque ainsi pour Saul, comme pour chacun de nous, le début d’une vie nouvelle et il est accompagné par un regard nouveau sur Dieu, sur soi et sur les autres qui, d’ennemis qu’ils étaient deviennent désormais des frères dans le Christ.

Demandons au Père de nous faire expérimenter à nous aussi, comme à Saul, l’impact avec son amour qui, seul, peut faire d’un coeur de pierre un coeur de chair (cf. Éz 11,15), capable d’accueillir en lui-même « les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2,5).

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat