L'avent

L’avent est un temps de préparation à Noël pour les chrétiens. Nous ne sommes pas en avance en comparaison de ce que nous pouvons voir autour de nous : sapins de Noël et décorations extérieures bien installés, publicité vantant produits de confort, de jeux et de gastronomie, spectacles de Noël qui auront lieu bien avant le 25 décembre. Ainsi les préparatifs de Noël vont-ils se mêler aux festivités qui ne sauraient attendre la date effective.

Les chrétiens, pour se préparer à Noël, cultivent l’esprit de l’attente. Attendre, c’est d’abord faire le constat d’une absence : on attend le train parce qu’il n’est pas là ! Alors, le Christ serait-il absent de notre monde et de nos vies ? Ou ferions-nous «semblant», l’espace de 3 ou 4 semaines, à l’image du santon de l’Enfant-Jésus caché derrière un faux rocher de la crèche ? Il est déjà là et il n’est pas encore là !

Oui, c’est ce qu’il nous faut affirmer face à un monde qui vit en absence de Dieu et c’est ce qu’il nous faut affirmer même si nous croyons en la Présence réelle. Le Christ est réellement présent dans sa parole, quand « deux ou trois sont réunis en mon nom » (Matthieu 18,20), dans les sacrements et « au plus haut point» dans l’eucharistie. C’est une affirmation du concile Vatican II. Il est aussi présent dans « le plus petit d’entre les miens » (Matthieu 25,40). Il est donc bien présent à nos vies, dans notre monde, mais pourtant nous attendons aussi sa venue.

C’est le sens de l’avent : il va venir. Nous nous préparons à rappeler sa venue par sa naissance à Bethléem mais nous prenons acte qu’il nous manque et que nous attendons sa venue définitive dans la gloire. C’est ce que nous chantons à chaque messe au moment de l’anamnèse. S’il nous manque, c’est qu’il n’est pas encore tout à fait là. Nous avons 24 jours pour prendre conscience de ce manque, étape préalable à une vraie attente. Souvenons-nous combien l’attente d’un Messie a nourri la vie du peuple hébreu et recherchons les lieux où l’absence du Christ se fait particulièrement sentir dans notre monde. En vivant davantage la fraternité avec nos proches et avec ceux que nous ne regardons plus, se lèvera un peu de la lumière véritable, celle du Christ qui vient comme un petit pour les hommes, un petit enfant qui prend notre nature d’homme.

Marie-Do

Dans l’Espérance de la résurrection dans le Christ.

Une messe d’adieu et d’action de grâce pour la vie de Marie-Do sera célébrée à Sainte Marie-Madeleine mardi 3 décembre à 14h ,

L’inhumation aura lieu au cimetière du Plessis Robinson dans la sépulture familiale où son fils Etienne, François, Marie est déjà.

Une collation sera offerte dans la crypte de Sainte-Madeleine.

Une offrande peut être faite : https://cagnotte.me/26312-obseque-marie-dominique-catteau/fr

Olivier et ses enfants Albane, Evrard, Hilaire, Hortense et Aymeric Catteau, 16 rue Robert Duffour, 92350 Le Plessis Robinson

Heureux les pauvres ?

N’attristons pas l’Esprit !

Frédéric Boyer, écrivain

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Il y a quelques jours, une amie très chère m’avoue n’avoir jamais très bien compris la première Béatitude (Matthieu 5, 3) : « heureux les pauvres en esprit », ou « les pauvres de cœur  » selon la nouvelle traduction liturgique qui me semble pour le coup à côté de la plaque. On peut comprendre la version de Luc, beatus pauperes, « heureux, les pauvres ». Même si je préfère penser qu’il n’y a pas de bonheur dans la pauvreté. Quelle opération de l’esprit, quelle conversion du cœur peut conduire à reconnaître heureuses ces vies misérables, ces vies indignes, ces vies usées et toutes celles broyées par le manque, la solitude, la faim, toutes celles dont la dignité vacille chaque jour, suspendue aux seuls besoins élémentaires ? L’Évangile scandalise pour dire la joie non pas malgré les dures réalités de la vie mais enracinée dans ces réalités mêmes : souffrance, pauvreté… La joie est accordée à ceux qui ne sauraient y prétendre ou plus exactement à ceux dont nous n’imaginons pas qu’ils puissent participer à une quelconque joie.

La Béatitude de Matthieu n’offre pourtant pas de signification immédiatement certaine dans le texte original. Ce qui peut nous aider est d’apprendre que le terme grec pour « pauvre » est ptōchos, qui signifie beaucoup plus que « pauvre » en français (et surtout pas « simple », comme dans certaines traductions), puisqu’il désigne ceux qui sont réduits à la mendicité et obligés de supplier. Dans l’Odyssée, le terme de ptōchos signe la destitution d’Ulysse en mendiant, réduit à n’être qu’un suppliant.

L’Évangile nous invite à radicalement changer de regard sur la pauvreté : l’Esprit (pneuma) est reconnu comme le lieu et le destinataire de la plainte des pauvres.Makaroi hoi ptōchoi tō pneumati. On peut comprendre de plusieurs façons la phrase. Heureux ceux qui sont dans le besoin de l’Esprit (qui mendient l’Esprit). Comme l’écrivait Bossuet, ceux « qui sont effectivement dans la pauvreté sans murmure et sans impatience, qui n’ont pas l’avidité de tout tirer à soi » (Méditations). Mais cette phrase nominale peut se comprendre également ainsi : Par l’Esprit, heureux les pauvres. La Vulgate traduit par un ablatif, spiritu, pour indiquer une modalité et un moyen. C’est par l’Esprit que la souffrance de la pauvreté appelle au bonheur, à la bénédiction (véritable signification du grec makarios). Et de là, nous pouvons aller encore plus loin. Heureux sont les pauvres qui mendient, leur condition est vécue comme modalité de l’Esprit. Pas d’accès à l’Esprit, si nous nous détournons des pauvres ! La pauvreté, si nous lui portons attention, est une participation à l’action de l’Esprit. Tout ce que je fais pour soulager la pauvreté, je le fais par et pour l’Esprit qui donne la joie.

Ce dimanche 17 novembre aura lieu la troisième Journée mondiale des pauvres, voulue par le pape François dans sa lettre Misericordia et misera (2016). Il rappelait avec force « la grande et positive incidence de la miséricorde en tant que valeur sociale ». La miséricorde, c’est reconnaître que le problème de la pauvreté n’est pas le problème des pauvres mais d’abord le mien, d’abord le nôtre. Et je serais moi-même pauvre d’abandonner toute pauvreté à elle-même, de ne pas saisir la joie que met l’Esprit à se faire entendre par les pauvres. La miséricorde ? demande le pape, « ne mettons pas de limites à son action ; n’attristons pas l’Esprit qui indique toujours des chemins nouveaux ». Heureux ceux qui mendient, de par l’Esprit ils sont reconnus dignes de joie. Les Béatitudes nous apprennent que toute pauvreté relève de l’Esprit – force de miséricorde infinie –, que le bonheur qu’est l’Esprit (sa bénédiction) est suspendu à la réponse que chacun d’entre nous accordera au besoin d’autrui et à l’injustice sociale.

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Retour de Lourdes

Nous étions plus de 800 à vivre ce beau pèlerinage diocésain. Nous sommes partis tels que nous sommes avec nos richesses et nos faiblesses, nos attentes, mais avec l’intime conviction que nous nous laisserions « transformer et purifier » pendant ces quatre jours de rupture avec le quotidien. Nous avons déposé vos intentions de prière aux pieds de Marie à la grotte de Massabielle.

Chaque pèlerin a vécu des moments forts, en groupe, en famille ou personnellement, en voici quelques témoignages : « Le chemin de croix sous la pluie battante fut un moment très fort de prières, de réflexion et de pénitence », « La préparation au sacrement des malades, moment très fort également. Le sacrement des malades lors de la messe d’envoi, moment d’une grande plénitude », « Les temps d’échanges, de rencontres avec les autres paroissiens et ceux que je connaissais moins. Les partages quotidiens. L’ambiance sympathique et familiale. L’amitié qui circulait au sein de notre diocèse et avec les autres», « les belles célébrations avec de beaux enseignements, qui affermissent la Foi et permettent une prière plus ajustée », « L’ambiance très priante dans tous les lieux du sanctuaire », « La marche au pic du Jer avec les temps de prières, les moments de partage entre nous et la contemplation de la nature et des vues magnifiques », « Le bain aux piscines, démarche intense de prière, d’émotions et de joie », « La prière du chapelet pendant la procession mariale, il y avait une atmosphère très recueillie ».

Ce pèlerinage présidé par Mgr Rougé avait pour thème « Heureux vous les pauvres car le royaume de Dieu est à vous ». Pour pouvoir accéder à ce bonheur éternel, Mgr Rougé a rappelé que le chemin était la pauvreté, la disponibilité du cœur à la parole de Dieu afin que progresse notre Foi. « La Foi nous rend riche en vue de Dieu et de la vie éternelle…. Mettons-nous au service des uns et des autres au-delà de nos peurs, en témoignant autour de nous de lEvangile et de la Foi… Nous avons à aller plus loin dans le goût d’annoncer l’Evangile à ceux qui ne le connaissent pas. Soyons des missionnaires simplifiés en prenant le temps de nous simplifier dans notre façon d’aller à la rencontre de l’autre, grâce à la force de l’Esprit Saint. »

Alors, nous sommes repartis « forts de l’accompagnement de Marie », « ressourcés par les temps de prières », « avec une paix, la joie et le calme intérieur », « réconfortés et apaisés », « avec de l’énergie pour les mois à venir pour m’aider à supporter les épreuves », « confiant en moi et l’augmentation de ma Foi » et avec « le désir de prier davantage Marie.»

« Nous avons eu du mal à quitter le sanctuaire, Merci à notre maman du ciel ».