Mon Dieu, qui dormez, faible dans mes bras

 Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,

mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,

j’adore en mes mains et berce, étonnée,

la merveille, ô Dieu, que vous m’avez donnée.

 

De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas

pour parler aux gens perdus d’ici-bas ;

ta bouche de lait vers mon sein tournée,

ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

 

De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas

pour guérir du doigt leurs pauvres corps las ;

ta main, bouton clos, rose encore gênée,

ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

 

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas

Pour rompre avec eux le pain du repas;

ta chair de printemps de moi façonnée,

ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

 

Marie-Noël

Prière à la créche

 

 

Comment peux-tu ?

Comment, toi Dieu, qui es si grand, peux-tu soudain être un si petit enfant ?

Comment, toi Dieu, qui es à l’infini peux-tu être aussi proche de moi qu’un nouveau-né qu’on berce dans ses bras ?

Comment, toi Dieu, qui es mon Père peux-tu soudain être mon frère ?

Comment, toi Dieu, qui es Dieu peux-tu soudain être un homme ?

J’ai beaucoup retourné ces questions dans ma tête sans jamais y trouver de réponse.

Je ne saurais donc jamais comment…

Mais à Noël au lieu de me dire comment, mon cœur m’a dit pourquoi.

Il m’a dit : il n’y a que l’Amour !

Amen !

 

Père Jean Debruynne

Messe de rentrée des étudiants d’Ile de France 2017

Toussaint

« Avec toute l’Église, nous célébrons aujourd’hui la solennité de Tous les Saints. Nous nous souvenons, ainsi, non seulement de ceux qui ont été proclamés saints au long de l’histoire, mais également de beaucoup de nos frères qui ont vécu leur vie chrétienne dans la plénitude de la foi et de l’amour, au milieu d’une existence simple et cachée. Sûrement, parmi eux, il y a beaucoup de nos familiers, amis et connaissances.

Nous célébrons, par conséquent, la fête de la sainteté. Cette sainteté qui, parfois ne se manifeste pas dans de grandes œuvres ou dans des succès extraordinaires, mais qui sait vivre fidèlement et chaque jour les exigences du baptême. Une sainteté faite d’amour de Dieu et des frères. Amour fidèle jusqu’à l’oubli de soi-même et jusqu’au don total de soi aux autres, comme la vie de ces mères et de ces pères, qui se sacrifient pour leurs familles en sachant renoncer volontiers, même si ce n’est pas toujours facile, à tant de choses, à tant de projets ou de plans personnels.

Mais s’il y a quelque chose qui caractérise les saints, c’est qu’ils sont réellement heureux. Ils ont trouvé le secret de ce bonheur authentique, niché au fond de l’âme et qui a sa source dans l’amour de Dieu. C’est pourquoi on appelle bienheureux les saints. Les béatitudes sont le chemin de vie que le Seigneur nous enseigne, pour que nous suivions ses traces. Dans l’Évangile de la messe, nous avons entendu comment Jésus les a proclamées face à une grande multitude sur une montagne près du lac de Galilée.

Les béatitudes sont le profil du Christ et, par conséquent, du chrétien. (…) Les béatitudes sont de quelque manière la carte d’identité du chrétien, qui l’identifie comme disciple de Jésus. Nous sommes appelés à être des bienheureux, des disciples de Jésus, en affrontant les souffrances et les angoisses de notre époque avec l’esprit et l’amour de Jésus. (…)

Chers frères et sœurs, l’appel à la sainteté est pour tous et il faut le recevoir du Seigneur avec un esprit de foi. Les saints nous encouragent par leur vie et leur intercession auprès de Dieu, et nous, nous avons besoin les uns des autres pour nous sanctifier. Aidez-nous à devenir des saints !

Ensemble, demandons la grâce d’accueillir avec joie cet appel et de travailler unis pour la mener à la plénitude ».

Pape François

Osons Aimer Annoncer Révéler

Osons aimer : en vivant l’entraide fraternelle universelle…

Osons vivre et partager notre espérance : détruisant ainsi nos peurs en grandissant dans la foi.

Osons annoncer notre espérance :

Jésus envoie ses disciples annoncer l’Evangile et porter partout leur témoignage (Ac 1, 8) : message de salut (Ep 1, 13), de paix (Ep 6, 15), de conversion, de la grâce de Dieu (Mc 1, 15 ; Ac 20, 24) afin que le Règne/Royaume vienne (Mt 4, 23 ; Mt 9, 35).

La Bonne Nouvelle comprend toujours la guérison et la libération (Lc 4, 17-21; 7, 22-23 ; 9, 6)

 Révélons aux autres l’importance qu’ils ont pour nous et l’amour de Dieu.

Choisissons chacun une personne de notre commune ou de notre quartier, ou un collègue de travail, et…

Aimons le monde comme le Christ l’aime.

Prenons la décision d’aimer notre prochain :

  • Comment aimer notre prochain ?
  • Celui qui s’approche de nous ?
  • Comment aimer son prochain comme soi-même ?
  • Concrètement comment l’aimer ?

Je prends la décision d’aimer mon prochain en réfléchissant à… et en agissant.

Où en est notre espérance dans les défis de notre monde : paix, accueil des migrants, dialogue interreligieux, lutte contre la pauvreté et la violence au nom de l’évangile ?

Transgressons nos peurs : quelles sont mes peurs ? 

  • Peur de perdre.
  • Peur de manquer.
  • Peur de la maladie des autres, comme Saint François d’Assise qui toucha le lépreux alors qu’il en avait une grande répugnance.
  • Peur d’être jugé alors que les autres sont des frères.
  • Peur des autres ? quelles peurs des autres ? quels autres ?
  • Peur de moi…

N’ayons plus peur…  Ayons la foi !

 

« Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» Matthieu 25,40  

Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. » Luc 6,21 Quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. Luc 14,13-14

« Je peux dire que les joies les plus belles et les plus spontanées que j’ai vues au cours de ma vie sont celles de personnes très pauvres qui ont peu de choses auxquelles s’accrocher. » « Aujourd’hui et toujours, “les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Évangile” (Benoît XVI), et l’évangélisation, adressée gratuitement à eux, est le signe du Royaume que Jésus est venu apporter. Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres. Ne les laissons jamais seuls. » « Je désire une Église pauvre pour les pauvres. Ils ont beaucoup à nous enseigner. En plus de participer au Sensus Fidei*, par leurs propres souffrances ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux. La nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux.» « Cela implique de valoriser le pauvre dans sa bonté propre, avec sa manière d’être, avec sa culture, avec sa façon de vivre la foi. Le véritable amour est toujours contemplatif, il nous permet de servir l’autre non par nécessité ni par vanité, mais parce qu’il est beau, au-delà de ses apparences.»

Pape François, La joie de l’Évangile, n. 7.48.198.199

  • Partagez en essayant de répondre de façon concrète à la question : qui sont les «pauvres » pour vous aujourd’hui ?
  • Quelle est votre expérience de vie avec des plus « pauvres » ? En quelles circonstances ? Quelle relecture en faites-vous ? Avez-vous eu des appréhensions? Quelles joies en avez-vous reçues ?
  • Avez-vous l’expérience de faire une « œuvre de miséricorde » ? Quel sens cela a-t-il pour vous ?
  • Ai-je eu l’occasion d’agir concrètement pour des « pauvres », ou avec eux, ou grâce à eux ? Qu’ai-je alors éprouvé ?
  • Comment l’accueil des « pauvres » peut-il grandir dans notre communauté chrétienne ?

 

Les trois murailles de Saint François d’Assise…

Nous pouvons voir avec Gwenolé Jeusset*, au temps de François, trois sortes de frontières, trois sortes d’exclusions, trois sortes de lèpres qui engendrent la peur, trois sortes de lépreux engendrées par la peur : le lépreux physique, le lépreux moral, le lépreux spirituel.

  • Le baiser au lépreux physique. « la vue des lépreux m’était insupportable» Saint François (testament 1,3) « La vision des lépreux lui était à ce point pénible que non seulement il refusait de les voir, mais même de s’approcher de leurs habitations ; s’il lui arrivait parfois de les voir ou de passer près de leur léproserie, et bien que la piété le poussât à leur faire l’aumône par l’intermédiaire d’une autre personne, il détournait le visage et se bouchait le nez avec les doigts » (3S 11) «ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde. » (Testament 1-3) C’est en l’embrassant que François Bernardone, rencontre le Christ qu’il cherchait confusément depuis des mois. La joie ne le quittera plus. La rencontre se fait au-delà des remparts d’Assise (en péripherie). Et on note justement qu’ayant en lui-même cassé la muraille entre les bien et les mal-portants, François parcourt son premier chemin de conversion : il est prêt à entendre le Christ en entrant dans la chapelle St Damien.
  • La seconde muraille, c’est celle entre les bien et les mal-pensants de la morale. Le bandit qui vit dans les bois est le lépreux moral. Dans la Legende de Pérouse, des frères en ermitage veulent leur donner à manger, d’autres pensent que c’est encourager le mal. Le Père, de passage, est invité à faire le discernement. Il résout le cas de conscience en disant de bien soigner les voleurs, de les comprendre comme des frères qui souffrent de la faim et de leur faire la morale seulement la deuxième fois, quand ils seront apprivoisés : « Allez vous procurer du bon pain et du bon vin, portez-les dans le maquis… et criez : venez frères brigands ! Nous sommes des frères, et nous vous apportons du bon pain et du bon vin ! » Aussitôt ils accourront. Alors vous étendrez à terre une nappe… et vous les servirez avec humilité et bonne humeur » (L. P. 90) Retenons bien au passage la reconnaissance de la ressemblance et de la différence : frères certes, mais brigands, brigands certes, mais frères. Retenons aussi la convivialité : humilité et bonne humeur vont de pair dans la rencontre de l’autre.
  • Enfin il y a le lépreux au sens spirituel : c’est le non-chrétien, le « païen » d’Asie, mais surtout le musulman, membre de « la race esclave » par Hagar et Ismaël. Là encore François franchit la frontière de la peur du sarrasin « fils du diable ». La guerre avec l’autre monde, le monde des ténèbres n’est pas une guerre comme dans l’Europe d’alors, c’est une guerre contre le Mal, une guerre entre deux systèmes et s’il y a des moments de paix et même des gestes de chevalerie entre les chefs, c’est parce que ceux-ci n’écoutent pas trop les idéologues de chaque camp (des leaders religieux, pour la plupart). Oui deux systèmes sont l’un en face de l’autre. On a même réussi à mobiliser les mystiques ! Ainsi côté chrétien au 12è s. S. Bernard écrit que chaque Templier peut tuer les musulmans : « En tuant un malfaiteur, il ne se comporte pas en homicide, mais si j’ose dire en malicide…». Les fidèles chevaliers peuvent aller purifier la terre sainte des « souillures des sarrasins immondes ». La formule n’est pas de saint Bernard, mais du pape Grégoire IX ! Saint François s’inscrit dans une autre logique.

* « Saint François et le sultan » Gwénolé Jeusset, Albin Michel 2006, 296 p.

Vivons en frères et considérons chacun comme un frère

Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères. (Matthieu 23,8). Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux !» (Luc 15,1-2) Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. (Jean 13,34-35)

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » se traduit dans une longue tradition juive par « Et tu aimeras ton prochain, car il est comme toi »« égal à toi et semblable à toi, car lui aussi a été créé à l’image de Dieu, et, voici, il est un homme comme toi».. « Et vous aimerez votre ami qui est comme vous » (Targum Néophyte (XV s.) Naftali Herz Wessel du mouvement juif Haskala (XVIII s…) 

« L’Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. Un des signes concrets de cette ouverture est d’avoir partout des églises avec les portes ouvertes. De sorte que, si quelqu’un veut suivre une motion de l’Esprit et s’approcher pour chercher Dieu, il ne rencontre pas la froideur d’une porte close. Mais il y a d’autres portes qui ne doivent pas non plus se fermer. Tous peuvent participer de quelque manière à la vie ecclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté, et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison. […] Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile. » « Je désire demander spécialement aux chrétiens de toutes les communautés du monde un témoignage de communion fraternelle qui devienne attrayant et lumineux. Que tous puissent admirer comment vous prenez soin les uns des autres, comment vous vous encouragez mutuellement et comment vous vous accompagnez. » « L’Église doit être le lieu de la miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile. »

Pape François, La joie de l’Évangile, n. 47.99.114

  • Quand et où avez-vous eu l’expérience de la fraternité ?
  • Comment participez-vous à la construction d’une communauté fraternelle ?
  • Comment devenir ensemble une « oasis de miséricorde» ?
  • Quand suis-je acteur de fraternité, de réconciliation dans ma vie et dans le monde ?

Convertissons-nous et laissons-nous envoyer par l’Eglise

Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. (Matthieu 7,28-29) Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. (Matthieu 9,35) Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. (Luc 24,45-49)

« Il y a des choses qui se comprennent et s’apprécient seulement à partir de cette adhésion qui est sœur de l’amour. […] Il faut rappeler que tout enseignement de la doctrine doit se situer dans l’attitude évangélisatrice qui éveille l’adhésion du cœur avec la proximité, l’amour et le témoignage. » « Toute l’évangélisation est fondée sur la Parole de Dieu, écoutée, méditée, vécue, célébrée et témoignée. La Sainte Écriture est source de l’évangélisation. Par conséquent, il faut se former continuellement à l’écoute de la Parole. L’Église n’évangélise pas si elle ne se laisse pas continuellement évangéliser. » « L’étude de la Sainte Écriture doit être une porte ouverte à tous les croyants. Il est fondamental que la Parole révélée féconde radicalement la catéchèse et tous les efforts pour transmettre la foi. L’évangélisation demande la familiarité avec la Parole de Dieu et cela exige que les diocèses, les paroisses et tous les groupements catholiques proposent une étude sérieuse et persévérante de la Bible, comme aussi en promeuvent la lecture orante personnelle et communautaire. Accueillons le sublime trésor de la Parole révélée. » (La joie de l’Évangile, n. 42.174-175)

  • Quels sont les lieux où je me nourris de la «Parole Dieu» ?
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  • Quelles sont les «Paroles de Dieu» qui m’ont le plus nourri ?