Faire avec calme ce qu’on peut

 

Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiets de tout, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez accomplir par vous-même. Sont agréables à Dieu notre soin et notre sollicitude raisonnables pour mener à bien les affaires dont nous devons nous occuper par devoir. L’anxiété et l’inquiétude de l’esprit ne plaisent point à Dieu. Le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en sa force et en sa toute-puissance ; il veut nous voir croire que sa bonté peut suppléer à l’imperfection de nos moyens. Ceux qui se chargent d’affaires nombreuses, même avec une intention droite, doivent se résoudre à faire simplement ce qui est en leur pouvoir, sans s’affliger s’ils ne parviennent pas à tout réaliser comme ils le voudraient. A condition toutefois qu’ils aient accompli tout ce que la nature humaine peut et doit faire selon les indications de la conscience. Si on doit laisser de côté certaines choses, il faut s’armer de patience, et ne pas penser que Dieu attend de nous ce que nous ne pouvons pas faire : Il ne veut pas davantage que l’homme s’afflige de ses limites. Pourvu que l’on donne satisfaction à Dieu,- ce qui est plus important que de donner satisfaction aux hommes – il n’est pas nécessaire de se fatiguer outre mesure. Bien plus, lorsqu’on s’est efforcé d’agir de son mieux, on peut abandonner tout le reste à celui qui a le pouvoir d’accomplir tout ce qu’il veut. 

Plaise à la divine Bonté de nous communiquer toujours la lumière de la Sagesse, pour que nous puissions voir clairement et accomplir fermement son bon plaisir, en nous et dans les autres… pour que nous acceptions de sa main ce qu’il nous envoie, en faisant cas de ce qui a le plus d’importance : la patience, l’humilité, l’obéissance et la charité… Que Jésus Christ soit seulement en nos âmes avec ses dons spirituels ! Amen.

Ignace de Loyola

N’est pas Dostoïevski qui veut…

Chronique audacieuse de Frédéric BOYER dans « La Croix  » l’hebdo … abonnez vous 🙂

« Ainsi commence notre histoire, autour des péchés d’autrui », déclare le narrateur du célèbre roman de Dostoïevski, Les Démons. C’est peu de dire que notre histoire récente, encore ces dernières semaines, trahit toujours notre fascination pour l’aveu des crimes des autres. Surtout si un parfum de célébrité, justifiée ou pas, les accompagne. Se succèdent les révélations accablantes sur tel ou tel, cinéaste, écrivain, politique : emprise, séduction, viol… Avec cette fixation particulière pour l’enfance et la jeunesse trompées, abusées. Je me demande si tout cela ne relève pas d’un sentiment maladif d’une innocence illimitée jusque dans les excès et les marges. Nous avons fini par trouver la culpabilité ennuyeuse et banale, « politiquement correcte », dit-on. Nous scandalisant avec une vertu paradoxale d’un « retour de la morale » et d’un affreux puritanisme. Mais est-ce vraiment la question ? Je trouve plutôt que nous sommes devenus terriblement plats et convenus jusque dans l’interrogation de notre liberté. Je repense à Dostoïevski qui s’interrogeait sur le fait « qu’on puisse ne pas se considérer soi-même comme scélérat, et même parfois ne pas l’être, alors qu’on commet une scélératesse indéniable » (Dostoïevski, Journal d’un écrivain). Le voici le vrai dilemme.

Que faire de notre (absence de) culpabilité ? Nous savons que l’écrivain russe eut à affronter lui-même de troublantes allégations de viol d’une petite fille.Deux faits sont avérés : Dostoïevski a pu évoquer un tel acte devant certains interlocuteurs, dont Tourgueniev ; et des allusions explicites à un épisode de cette nature figurent à deux reprises dans son œuvre, Crime et châtiment et Les Démons. Dans ce dernier roman, un personnage, Stavroguine, est « capable de tous les élans nobles jusqu’au monstrueux le plus extrême »(Carnets des Démons). Dostoïevski note à son propos : « Des cruautés inutiles. Poussa la fillette jusqu’au désespoir, qui savait qu’il la poursuivait pour rien. Déclarations d’amour sans suite. » Impudeur narcissique, immaturité sentimentale et sexuelle, mensonges pour ne pas avoir à aimer, personnage qui se donne à voir, s’exhibe en confessions et aveux ridicules et abjects. Il faut relire ces pages à l’aune de nos débats laborieux. Toute ressemblance avec une affaire littéraire et un scandale récents serait purement fortuite ! Devant la fillette Matriocha, Stavroguine jouit du « pitoyable désespoir d’un petit être impuissant ».Il ajoute : « Je ne connaîtrai jamais l’indignation ni la honte. » L’écrivain précise : « Il a violé une enfant par goût de faire souffrir. (…) Il a conscience de se délecter aux souffrances des autres. »

Cette attirance pour le crime se double chez lui d’une fascination pour la beauté. Ainsi un autre personnage dostoïevskien, Mitia Karamazov, avoue à son frère Aliocha « trouver la beauté jusque dans la honte », ou « ne pas renoncer à l’idéal de la Madone tout en se livrant au mal ». Dostoïevski nous conduit à cette confusion des abîmes que dénonce le procureur au procès des Karamazov, des « idéaux sublimes » avec « la plus ignoble dégradation ». Mais si je vois bien « l’idéal de Sodome » se développer aujourd’hui chez certains, je ne suis pas sûr que « celui de la Madone » fasse autant de progrès. La littérature, la vraie, celle qui nous inquiète et nous augmente, s’engouffre dans nos contradictions pour assumer toute notre humanité. Un autre écrivain, Stefan Zweig, expliquait : « Si même le démoniaque se trouve à l’extrême limite de la vie, il n’en fait pas moins partie de l’humain. » Ce que confessait Mitia Karamazov dans sa prière : « Je suis le chemin des démons tout en restant ton fils, Ô Seigneur. »

Que faites-vous le 25 janvier ?

Je vais à Hopeteen.

Inscrivez-vous

Hopeteen sera au Palais des Sports d’Issy-les-Moulineaux, samedi 25 janvier de 16h30 à 22h30. Pour cette journée exceptionnelle où tous les collégiens sont invités, nous aurons la chance de vivre un temps fort présidé par notre évêque, Monseigneur Rougé. Nous aurons également la joie d’entendre le témoignage de Benjamin Pouzin, fondateur du célèbre groupe Glorious.

Louange, messe présidée par Mgr Rougé, témoignage de Benjamin Pouzin, partage et concert du groupe Hopen sont au programme !

Marie a chanté

Morne était le monde, hier soir, et gris,
Les étoiles et la lune disparus,
La pièce plongée dans l’ombre, lumière et chants s’étaient tus,
Les feux partout éteints. (…)

Le monde était aveugle, les branches tordues,
Routes et chemins sauvages.
Puis le voile nuageux s’est déchiré,
Révélant un Enfant nouveau-né. (…)
 
Au creux de la nuit à l’heure de cette naissance
Le chant d’une seule voix soudain se fait entendre,
Rejoint bientôt par toutes les cloches au Ciel et sur la Terre
Ensemble à minuit retentissant.

Marie a chanté ici-bas :
Son chant s’est élevé  
Par-delà les brumes et les hauts glaciers
Jusqu’aux murs du Paradis,
Éveillant les battants de cloches sans nombre
Qui firent entendre leurs sons depuis les tours éternelles
Quand retentit la voix d’une jeune mortelle,
Qui avait enfanté le Roi des Cieux.

Heureux est le monde, et belle cette nuit
Couronnée d’étoiles ;
La salle s’emplit de rires et de lumière,
Et les flammes dansent hautes et brillantes dans les foyers.

Les cloches du Paradis sonnent à présent
Unies aux cloches de la Chrétienté.
Chantons Gloria, Gloria !
Car Dieu sur terre est venu !

J. R. R. Tolkien